‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 210 sur 447 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Même décor.

Fanfares. Entrent sur les murailles~Lk PUCELLE, CHARLES, RENÉ D'ANJOU, LE DUC D'A- LENÇON et des soldats.

La Puc.elle. — Faites avancer sur les murailles

' homme et voir comment les Frai

us se fortifient. Rt (Acte I, se. it.)

vos étendards flottants; Orléans est délivré des loups anglais : c'est ainsi que Jeanne la Fucelle a tenu sa parole.

Chaki.es. — Très-divine créature, fille brillante d'Astrée, comment t'honorerai-je pour ce succès? Tes promesses sont comme les jardins d'Adonis, qui un jour étaient en fleurs et le lendemain donnaient des fruits. France, triomphe dans ta glorieuse prophétesse ! La ville d'Orléans est délivrée : un plus heureux succès n'échut jamais à notre Etat.

René d'Anjou. — Pourquoi les cloches ne sonnent-elles pas à toutes volées dans la ville? Dauphin, commande aux citoyens de faire des feux de joie, et de festoyer et de banqueter en pleine rue, pour célébrer le succès que Dieu nous a donné.

Le duc d'Alençon. — Toute la France sera transportée de bonheur et de joie , lorsqu'on apprendra quels hommes nous nous sommes montrés.

LE ROI HENRI VI

Charles. — C'est par Jeanne, et non pas par nous, que cette journée a été gagnée. Pour ce succès, je partagerai ma couronne avec elle, et tous les prêtres et moines de mon royaume chanteront en procession ses louanges sans fin. Je lui élèverai une pyramide plus belle que ne le fut jamais celle deRhodopedeMemphis.En mémoire d'elle, lorsqu'elle sera morte, ses cendres, renfermées dans

une urne plus précieuse que le coffre aux riches joailleries de Darius, seront portées, aux grandes fêtes, devant les rois et les reines de France. Nous ne combattrons pas plus longtemps au cri de Saint-Denys , c'est Jeanne la Pucelle qui sera désormais la Sainte de la France. Entrons et allons banqueter royalement après cet heureux jour de victoire. {Ils sortent. Fanfares.')

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