‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 243 sur 447 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

York.. Faites avancer cette sorcière condumi Le derger. Ah! Jeanne, cela fend de part >

e à être brûlée.

. part le cœur de ton père!

(Acte V, se. iv.'

son, défection et fourberie, la plus grande partie des villes que nos grands ancêtres avaient conquises ? O Warwick , Warwick ! je prévois avec douleur la perte finale de tout le royaume de Fiance.

Warwick. — Prends patience, York : si nous concluons une paix, les conventions en seront si strictes et si sévères que les Français y gagneront peu.

Entrera CHARLES avec sa suite, LE DUC D'ALENÇON, LE BATARD D'ORLÉANS, RENÉ D'ANJOU et autres.

Charles. — Lords d'Angleterre, puisqu'il est arrêté qu'une trêve de paix doit être proclamée en France, nous venons pour apprendre de vousmêmes quelles doivent être les conditions de ce traité.

York. — Parlez, Winchester, car ma colère bouillante arrête ma voix emprisonnée dans le canal de mon gosier, à la vue de ces hommes, nos ennemis invétérés.

Le cardinal Beaufort. — Charles et vous tous, voici ce qui est arrêté ; par pure compassion et bonté d'âme, le roi Henri consent à délivrer votre pays des calamités de la guerre et vous permet de jouir des fruits de la paix, mais en retour vous vous montrerez de fidèles sujets envers sa couronne, et toi Charles, à condition que tu jureras de lui payer tribut et de te soumettre, tu exerceras sous lui les fonctions de vice-roi et tu conserveras ta dignité royale .

Le duc d'Alençon.— r Ne doit-il donc alors être que l'ombre de lui-même? lui faudra-t-il, en même temps qu'il ceindra ses tempes d'une couronne, ne conserver cependant en réalité et en autorité

LE ROI HENRI VI

que les privilèges d'un simple particulier? Cette proposii ion est absurde et déraisonnable

Charles. — Il est bien connu que je possède déjà plus de la moitié des territoires français et que j'y suis respecté comme le roi légitime. ïraije pour l'appât de ce qui n'est pas encore conquis, diminuer cette prérogative pour n'être appelé que le vice -roi du tout? Non, Lord ambassadeur, j'aime mieux garder ce que j'ai que de risquer -de tout perdre pour avoir désiré davantage.

yOBK. Insolent Charles ! Comment ! par des moyens secrets tu fais solliciter la paix, et lorsqu'il faut traiter de l'affaire, tu refuses en comparant ce que tu as à ce qu'on t'offre ? Ou bien accepte de tenir ce titre que tu usurpes comme un bienfait octroyé par notre roi et non comme un droit qui t'appartient légitimement, ou bien nous te ruinerons par d'incessantes guerres.

René, à part, à Charles. — Monseigneur, vous avez tort de vous obstiner à empêcher par vos chicanes ce traité de se conclure : si on laisse perdre celle occasionne gage dix contre un que nous n'en trouverons pas une pareille.

Alençon, à part, à Charles. — Pour dire la vérité, il est de votre politique de sauver vos sujets de ces massacres et de ces exterminations atroces que chaque jour verra, si nous continuons les hostilités : acceptez donc les conditions de cette trêve que vous briserez lorsque votre intérêt le demandera.

Warwick. — Que réponds-tu, Charles? acceptestu nos conditions?

Charles. — Je les accepte avec cette seule condition que vous ne réclamerez aucun privilège sur aucune de nos villes de garnison.

York. — Alors jure allégeance à Sa Majesté; jure sur ta foi de chevalier que ni toi, ni tes nobles, vous ne serez ni désobéissants, ni rebelles envers la couronne d'Angleterre. {Charles et les autres donnent les signes de féauté.) Maintenant licenciez votre armée quand il vous plaira; repliez vos drapeaux, faites taire vos tambours, car nous célébrons ici une paix solennelle. {Ils sor-

tent.)

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