‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 431 sur 447 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

Une rue dans Westminster.

Entrent en Se rencontrant deux messieurs.

Premier monsieur. — Vous êtes le bien rencontré encore une fois.

Second monsieur. — El vous aussi.

Premier monsieur. — Vous venez vous poster ici pour voir Lady Anne revenir de son couronnement?

Second monsieur. — C'est justement mon intention. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, le duc de Buckingham revenait de son jugement.

Premier monsieur. — C'est très-vrai : mais ce jour-là était un jour de deuil; celui ci est un jour de joie générale.

Second monsieur. — Parfaitement : les citoyens, j'erj suis sûr,, ont manifesté amplement leurs sentiments monarchiques : que leurs droits soient respectés, et ils sont toujours empressés de célébrer des jours comme celui-ci par des spectacles, des fêtes et autres marques de respect.

Premier monsieur. — Jamais on ne vit de démonstrations plus grandes, et jamais, je vous l'assure, on n'en vit de mieux reçues, Monsieur. Second monsieur. — Puis-je être assez hardi pour vous demander ce que contient ce papier que vous tenez à la main?

Premier monsieur. — Oui ; c'est la liste de ceux qui réclament aujourd'hui leurs offices au cou-

ronnement par le droit de la coutume. Le duc de Suffolk est le premier et réclame le droit d'être grand maître de la maison du roi ; puis le comte de Norfolk réclame le droit d'être comtemaréchal ; vous pouvez lire les noms des autres.

Second monsieur. — Je vous remercie, Monsieur; si je n'avais pas connu ces coutumes, je serais très-redevable à votre, papier. Mais , je vous en prie, qu'est-il advenu de Catherine, la princesse douairière ? comment va son affaire ?

Premier monsieur. — Cela, je puis vous l'apprendre encore. L'archevêque de Canterbury, accompagné d'autres savants et révérends personnages de son ordre, a récemment tenu une cour à Dunstable, à six milles d'Ampthill, où se trouvait la princesse; à cette cour elle fut souvent citée par eux, mais ne comparut pas : et pour être bref, s'autorisant de ce refus de comparaître et des scrupules récents du roi, ces hommes savants ont d me voix unanime prononcé le divorce, et déclaré de nul effet l'ancien mariage; depuis lors elle s'est retirée à Kimbolton, où elle est maintenant malade.

Second monsieur. — Hélas ! la bonne Dame ! (Fanfares de trompettes.) Les trompettes sonnent : rangeons-nous, la reine arrive.

ordre du cortège.

Vives fanfares de trompettes; après quoi, entrent

i° Deux juges.

2° Le Lord chancelier, précédé de la bourse et de la masse.

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