‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 63 sur 447 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

d'un mutuel bonheur. Va, compte ta route par tes soupirs, je compterai la mienne par mes gémissements.

La reine. — Alors celui qui aura la plus longue route est celui qui gémira le plus.

Le roi Richard. — Comme la route est courte, je pousserai deux soupirs pour chaque pas et je ralentirai le voyage par le poids des chagrins de mon cœur. Allons, allons, que notre cour au chagrin soit rapide, puisqu'en l'épousant il doit si longtemps rester avec nous. Un baiser fermera nos lèvres et nous nous séparerons en silence. C'est ainsi que je te donne mon cœur et que je prends le tien. (Ils s1 embrassent.)

La reine. — Rends-moi le mien: ce serait une triste action que de prendre ton cœur et de le tuer. (Ils s'embrassent de nouveau.) Maintenant que j'ai repris le mien, pars, je vais essayer de le tuer avec un soupir.

Le roi Richard. — Nous égayons le malheur par les retards de ces caresses. Une fois encore, adieu; que notre douleur dise le reste. (Ils sortent.)

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