‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 117 sur 689 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

pitié sera étouffée par l'habitude des actions atroces ; et l'ombre de César, errante pour avoir vengeance, traînant à ses côtés Alecton venue ardente des enfers , fera retentir dans ces contrées une : voix de monarque, criant: carnage; elle déchaînera les lions de la guerre ; tant qu'une nue contagieuse , exhalée des cadavres implorant leur sépulture , porte au dessus de la terre l'horreur de cet acte impie! (Bnu« un *emi*orO Tu sers Octave César, n'est-il pas vrai?

LE SERVITEUR

Je le sers, Marc-Antoine.

ANTOINE

César lui a écrit de se rendre à Rome?

LE SERVITEUR

Il a reçu les lettres de César. Il est en chemin, et fl m'a chargé de vous dire de bouche

(Il «perçoit lecorp».) O César!

Tou cœur se gonfle: retire-toi à l'écart et pleure. L'attendrissement, je le sens, est un mal qui se gagne ; et mes yeux , en voyant ces gouttes de douleur rouler dans les tiens , commencent à se remplir de larmes. — Ton maître rient-il?

LE SERVITEUR

Il couche cette nuit à sept lieues de Rome.

ANTOINE

Retourne sur tes pas , cours et lui annonce ce qui est arrivé. Il n'y a plus ici qu'une Rome en deuil , une Rome dangereuse ; Rome n'offre point encore de sûreté pour Octave; hâte-toi, et donnelui cet avis.— Non , demeure encore : tu ne partiras point que je n'aie porté ce corps sur la place publique. Là, je sonderai , dans ma harangue au peuple, comment il prend l'acte cruel de ces hommes de sang ; et selon l'événement, tu rendras compte au jeune Octave de l'état des choses. — Préte-moi la main.

(Uj «orteot emportant lo corpa de Ce*ar.)

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