‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 226 sur 689 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

CORIOLAN

Non , je veux mourir ici. — Il en est plus d'un parmi vous qui m'a tu combattre. Allons , sur vous si je suis en effet ce que vous devant l'ennemi.

Déposez cette épée. Tribuns , retirez-vous un

BRUTUS

Saisissez-le.

MENEN1US.

Arrête, Ma reins, arrête! — Vous tous, sénateurs, chevaliers, jeunes et vieux, secourez-le.

TOUS

Entraînez-le! entralnez-le!

illi sortent. Dam c«Ua émule le» edU«*, le» IribaBJ «I Je peuple tetrepo*»*.)

MENENIUS.

Allez, regagnez votre maison; parlez, sortez d'ici , ou tout va se bouleverser.

Sortez de cette place.

Tenez ferme :

d'ennemis.

avons autant d'

que

Quoi! nous en viendrions a cette extrémité!

UN SÉNATEUR

Que les dieux nous en préservent ! Mon noble ami, je t'en conjure, retire-toi dans ta maison : laisse-nous apaiser cette malheureuse affaire.

MENENIUS.

C'est une plaie que vous ne pouvez guérir vousmême. Coriolan , quittez celte place, je vous en conjure.

COMINll'S,

Allons, Coriolan , venez avec

Je voudrais qu'ils fussent des barbares (ils le sont , quoiqu'ils végètent dans la fange de Rome ) , et non des Romains (ce ne sont pas là des Ro-

( Apitoie). Quittez la place : n'exhalez pas en injures votre noble courroux; attendez un temps plus favorable.

CORIOLAN

Ku, plaine , j'en voudrais battre quarante % moi

HENENICS.

Moi-même, j'en prendrais pour ma part une couple des pins résolus d'entre eux : oui , les deux

COMIN1CS.

Mais, en ce moment, vous vous trompez dans votre calcul en comptant un vieillard caduc ; et le courage est folie quand on l'exerce contre un obstacle qui chancelle et tombe de lui-même en ruine... Voulez-vous vous retirer de cette place avant que la populace revienne? Sa fureur, comme un torrent suspendu , force à la fin et renverse les digues qui la contenaient.

Je vous en prie, parlez d'ici ; j'essaierai si mon vieux esprit sera bien accueilli de celte multitude , qui n'en a pas beaucoup. Il faut masquer ceci , n'importe avec quelle couleur.

COMINIUS

(Coriolan «t Coœloioj sortent.) PREMIER SÉNATEUR.

C'est un

qui a pour

MENENIUS.

Il est d'une nature trop noble et trop sublime pour le monde vulgaire. Il ne flatterait pas Neptune lui-même pour obtenir son trident, ni Jupiter pour disposer de sa foudre : sa bouche est son cœur. Tout ce que son sein enfante, il faut que sa langue le déclare; et, lorsqu'il est irrité, il oublie jusqu'au nom de la mort.

(On entend an brait en «crfaM.)

Voici on beau tumulte!

SECOND SENATEUR

Je voudrais que tous ces plébéiens fussent en paix dans leur lit.

MENENIUS.

Et moi qu'ils fussent engloutis dans le Tibre. — Quoi! ils veulent se venger. — Que ne leur parlait-il aussi avec douceur?

( Brntui et Sidoine rcTtcioettt enlrif 4e It popaUee.)

On est-elle cette vipère qni voudrait dépeupler Rome, et s'y voir seule remplacer toute l'espèce humaine?

MENENIUS.

Dignes tribuns

8ICINIU8.

11 faut qu'il soit précipité de la roche Tarncta

CORIOLAN

sans pitié. H s'est révolté contre la loi , la loi Je dédaignera ; et au lien de lui accorder un second examen , elle lui fera sentir toute la rigueur de la puissance publique , qu'il affecte

Noos lui ferons bien voir que les nobles tribuns sont la voix du peuple, et nous les bras des tribuns.

Il le Terra, soyez-en sûr.

MENEMlîS.

Romains, Romains

SICIXICS.

MENEN1CS.

N'appelez-pas par vos cris le meurtre et le carnage sur une victime qui ne doit être poursuivie que par la marche réglée des lois.

SICLMUS.

Et vous, comment arrive-t-fl que vous ayez prêté la main à son évasion?

MENEMCS.

Écoutez-moi parler. — Je connais tontes les qualités du consul ; mais aussi je sais avouer tout

SICIXICS.

Du consul!... Quel consul?

Le consul Coriolan.

BRUTUS

Lui, consul I

TOUS

Non, non, non, non, noo.

MENENIl'S.

Bons citoyens, si je puis obtenir des tribuns et de vous la faveur d'être entendu , je ne veux vous dire qu'une parole ou deux , qui ne vous feront d'autre tort que la porte d'un instant à m'écouter.

Parlez donc, mais promptement ; car nous sommes déterminés à nous défaire de ce fatal ♦raître : le chasser de Rome serait le rendre plus dangereux pour nous; le souffrir dans Rome serait notre ruine certaine : il est arrêté qu'il mourra ce soir.

MENEMIX

Ab ! que les dieux bienfaisans ne permettent

pas que notre glorieuse Rome , dont la reconnaissance pour ceux de ses en fans qui l'ont méritée , est consignée dans le livre éternel de Jupiter, s'oublie jusqu'à les dévorer elle-même , comme une sauvage et dénaturée !

Il est daas l'état un levain contagieux qu'à faut

détruire.

JUKNENIUS.

Oh ! c'est un membre de l'état qu'une maladie afflige : le couper serait mortel ; le guérir est facile. Qu'a-t-il donc fait à Rome qui mérite la mort? Le sang qu'il a perdu pour détruire nos ennemis, et j'ose affirmerqu'ilenaplus répandu qu'il n'en reste dans ses veines, il l'a versé pour sa patrie : si sa patrie répandait ce sang qui lui reste , ce serait pour nous tous, qui commettrions ou qui souffririons cette injustice, une tache éternelle d'opprobre et de honte jusqu'à la fin de l'univers.

SICIML'S.

Ce sont là de vains propos.

BRl'TUS.

Pur verbiage : tant qu'il a aimé sa patrie, sa patrie l'a comblé d'honneurs.

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