ACTE UI, SCÈNE III
SIOMUS.
Je tous demande , moi , si
nffrages du peuple, si vous reconnaissez ses officiers, et si tous consentez à subir une légitime censure , pour toutes les fautes dont tous serez prouvé coupable T
CORIOLAN
J'y consens.
MENEMCS.
Voyez, citoyens, il dit qu'il y consent. Considérez quels services militaires il a rendus ; souvenez-vous des blessures dont son corps est couvert ; il en est sillonné, comme un cimetière hérissé de tombeaux.
COltlOLAN.
Peu de chose; quelques égratignurcs légères, quelques cicatrices pour rire.
Souvenez-vous encore, que si vous n'entendez pas dans sa bouche le langage poli d'un habitent des villes, vous trouverez en lui tout le caractère d'un guerrier ; ne cherchez dans les durs accens de sa voix aucune intention de vous offenser : ce ton , je vous l'ai dit , sied bien dans la bouche d'un soldat.— Plutôt que de le prendre en haine, vous devez...
COMtNIUS.
Bien; bien! en voilà assez.
CORIOLAN
Quelle est la raison pour laquelle, nommé consul par tous les suffrages , on me fait l'affront de m'ôler le consulat l'heure d'après?
SICINIUS.
CORIOLAN
Parlez donc : oui, vous avez raison, je dois vous répondre.
SICINIUS.
Nous vous accusons d'avoir machiné sourdement , pour dépouiller Rome de tous les offices légitimes et nécessaires, et d'avoir marché par des voies détournées à la tyrannie : en quoi vous êtes un traître au peuple.
CORIOLAN
Comment! moi, traître?
MENENÏUS.
veloppem le peuple! M'appeler traître à leurs intérêts! Toi, insolent tribun, quand tes yeux, tes mains et ta langue pourraient lancer à la fois contre moi chacun dix mille traits, dix mille morts, je te dirai que tu mens : oui, en face, et d'une voix aussi libre, aussi sincère que lorsque je prie les dieux.
SIC1NIUS.
Peuple, Pentendez-vous?
TOUS
Qu'on l'entraîne à la roche Tarpéia l
SICINIUS.
Silence. — Nous n'avons pas besoin d'intenter contre lui d'autres accusaiious : ce que vous lui avez vu faire et entendu dire, son insolence à frapper vos magistrats, à vous charger d'imprécations, à combattre les lois par la violence, et à braver ici même l'assemblée dont la respectable autorité doit juger son procès; tous ces attentats sont d'un genre si criminel, si capital, qu'ils méritent le dernier supplice.
BRUTUS
Mais en considération des services utiles qu'il a rendus à Rome...
CORIOLAN
Que parlez-vous de services! •
BRUTUS
Je parle de ce que je connais.
CORIOLAN
Vous?
avez
que
CORIOLAN
Que les Oammes de l'enfer le plus profond cn-
Est-ce là la votre mère?