‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 242 sur 689 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

transports que ne m'en inspira la vue de ma maîtresse franchissant pour la première fois le seuil de ma porte, le jour de mes noces. Dieu de la guerre, je t'annonce que nous avons une armée sur pied, et que j'étais décidé à tenter encore de t'arracher ton bouclier, ou d'y perdre mon bras. Tu m'as battu douze fois; et depuis, dans mes nuits , je n'ai rêvé que combats corps à corps entre toi et moi. Nous nous sommes terrassés tous deux, cherchant à nous enlever nos casques , et nous saisissant l'un l'autre à la gorge; et je m'éveillais à moitié mort, épuisé par un vain songe. — Vaillant Marcius, quand nous n'aurions d'autre sujet de querelle avec Rome que l'injustice de t'avoir banni , nous ferions marcher tous les Yolsques, depuis l'âge de douze ans jusqu'à celui de soixante-dix ; et portant la guerre jusque dans les entrailles de cette ville ingrate , nous l'inonderions de soldats, comme un torrent débordé. Oh ! viens , entre plus avant , et reçois 1» main de nos sénateurs : tu trouveras en eux les I omis ; ils sont ici à prendre congé de moi , qui suis prêt a marcher, non pas encore contre Rome môme, mais contre son territoire.

CORIOLAN

Dieux ! vous me rendez heureux.

AUFIDRS.

Ainsi, le plus indépendant des mortels, si tu veux te charger seul de conduire les vengeances , prends la moitié du commandement Tu connais la force et la faiblesse de ton pays : choisis et dirige tes plans et ta marche d'après ton expérience et tes lumières. Tu décideras toi-même s'il faut aller frapper droit aux portes de Rome , ou l'ébranler dans ses parties les plus éloignées du centre ; s'il faut l'épouvanter avant de la détruire. Mois entre avec nous dans la salle du festin , permets que je te présente à des hommes qui seront en tout dociles à tes vues. Mille et mille fois le bien-venu ! Je suis plus ton ami que je n'ai jamais été ton ennemi : et, Marcius, c'est dire beaucoup. — Ta main : je l'accueille avec transport!

(1U MttMlL)

LE PREMIER ESCLAVE

li s'est fait ici un étrange changement,

LE SECOND ESCLAVE

Sur ma foi 1 j'ai manqué le frapper; mais certain pressentiment m'arrêtait et me disait que «es habits n'accusaient pas la vérité.

LE PREMIER ESCLAVE

Quelle force ! quel bras il a ! Du bout du doigt , il m'a fait tourner comme un sabot.

LE SECOND ESCLAVE

Moi, j'ai bien vu à son air qu'il y avait en lui quelque chose... Il avait une tournure dévisage... je ne trouve pas de mot pour exprimer mon idée.

LE PREMIER ESCLAVE

Oui , tu as raison : un regard... Je voyais bien a sa mine qu'il était plus qu'il ne paraissait.

LE SECOND ESCLAVE

C'est tout uniment l'homme du monde le plus extraordinaire.

LE PREMIER ESCLAVE

Je le crois ; mais un plus grand guerrier que lui, tu en connais un?

LE SECOND ESCLAVE

Qui? mon maître?

LE PRESIIER ESCLAVE.

Oui ; mais il n'est pas question de cela.

LE SECOND ESCLAVE

Je crois que celui-ci en vaut six comme lui.

LE PREMIER ESCLAVE

Oh ! non , pas tant ; mais je le regarde comme un plus graud guerrier.

LE SECOND ESCLAVE

Cepndant, pour la défense d'une ville, notre général est excellent.

LE PREMIER ESCLAVE

Oui , et pour un assaut aussi.

( Entre an trairiène eu-tare.) UN TROISIÈME ESCLAVE.

O esclaves, je puis vous dire des nouvelles; de» nouvelles, marauds.

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