ACTE IV, SCÈNE I
où, quand et comment ces nouvelles te sontelles parvenues? Parle, misérable que tu es.
LE JARDINIER
Madame , pardonnez; je n'ai guère de plaisir à répéter ces nouvelles ; mais Ce que je dis est la vérité. Le roi Richard est sous la main terrible de Leur fortune à tous deux est pesée la balance. Du côté de votre époux , il n'y a que lui seul , et quelques frivolités qui le rendent encore plus léger; mais du coté du grand Bolingbroke sont avec lui tous les pairs de l'Angleterre, et avec ce surpoids il emporte le roi Richard. Faites-vous conduire à Londres , et vous y verrez la vérité de ce que je dis ; je ne fais que répéter ce que tout le monde sait.
LA REINE
O adversité, dont le vol est si rapide, n'est-ce pas à moi qu'appartenaient les prémices de ton sinistre message? Et je suis la dernière à en être informée! Oh! tu ne me sers que la dernière, parce que tu sais que c'est moi qui dois conserver le plus long-temps dans mon sein ton trait douloureux. Venez, mesdames; allons trouvera
Londres le roi de Londres dans l'infortune. — O
ciel ! suis-je née pour celte affreuse destinée , pour que ma tristesse et mon deuil rehaussent le triomphe du superbe Bolingbroke ! — Jardinier, pour m'avoir annoncé ces désastreuses nouvelles, je voudrais que les plantes que tu greffes ne prospérassent, jamais.
(Elle tort arec leadtmci.) LE JARDINIER.
Pauvre reine! S'il dépendait de là que tu fusses moins malheureuse , je voudrais que mon art fût soumis à ta malédiction. — Ici elle laissa tomber une larme; ici, en cet endroit, je veux planter une touffe de rue, herbe amère de grâce ; la rue, qui exprime la compassion , se verra bientôt ici en mémoire d'une reine en larmes (1).
( Le jardinier tort arec 1<* jarfom. )
(1) M. Guiiot a passé les six derniers mou. On lu dans le texte : Bue , even for rutk. Le premier de ces mou a le même sens que le dernier; en effet, ruth ( compassion ) rient de me (déplorer ). L'on donnait à U rue le nom d'herbe de grâce . parce qu'on l'employait < aspcrsoir pour l'eau bénite.