‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 370 sur 689 · SOLDATS · texte numérisé non relu

SOLDATS

Vous allez Cire obéi.

MACBETH

6IWARD.

Nous n'apprenons d'autre nouvelle, sinon que le tyran resserré se tient toujours dans Dunsinane, et qu'il nous laissera former le siège de la ville.

v. MALCOLM.

C'est là sa plus sûré ressource ; personne ne lui rend que des services forces: tous les cœurs sont aliénés.

MACDIFT.

Que notre prudence, avant déjuger, soit attentive à l'événement décisif, et déployons toute notre adresse et toute notre science militaire.

siward.

Le temps approche, qui, parunedécision claire , va fixer notre sort et nos fortunes. Les idées spéculatives ne donnent que des espérances mal sûres; mais les coups et le combat sont des arbitres qui donneront une décision et une issue certaines. Allons chercher l'événement, et faisons avancer l'armée.

(Osiorunteaordrt.)

i MACBETH, SEYTON.ei

arec Unr

Plantez notre étendard sur le bord des remparts. Le cri continuel est : H$ viennent. Mais la force de notre château se rit d'un siège. Qu'ils restent là à se morfondre, jusqu'à ce que la famine et les maladies les consument. S'ils n'étaient pas renforcés par une troupe de soldats qui devraient combattre pour nous, nous aurions pu aller sans crainte à leur rencontre , nous mesurer corps à corps av.ee eux , et les. renvoyer battus dans leurs foyers. — Quel est ce bruit confus?

(On entend de» cris de femme j.) SEYTON.

Ce sont les cris des femmes, mon bon souverain.

MACBETH

J'ai presque oublié les impressions de la crainte. 11 fut un temps où mes sens auraient été glacés si # j'eusse entendu des cris dans la nuit; où mes cheveux , à une nouvelle effrayante , se dressaient et s'agitaient comme s'ils eussent été pleins de vie;

n'est plus d'atrocité ni de terreurs qui puissent alarmer mon ame familiarisée avec mus idées sanguinaires.... Mais quelle est la cause de ces cris?

SEYT05.

Monseigneur, la reine est morte.

MACBETH

Elle aurait dû mourir plus tard , et attendre que nous eussions plus de loisir pour recevoir cette nouvelle. Ainsi le lendemain, puis le lendemain et un autre lendemain encore, s'avance d'un jour à l'autre d'un pas insensible, et tous nos jours passés n'ont fait qu'éclairer des insensés dans le chemin qui mène à la sombre mort. Finis, finis, court (lambeau : la vie n'est qu'une ombre ambulante: elle ressemble à un pauvre comédien , qui s'enfle d'orgueil et de courroux sur le théâtre l'espace d'une heure, et disparaît après; et il est oublié pour jamais. C'est une fable contée par un imbécile, avec un grand fracas de mots et de gestes emphatiques, et qui au fond ne signifie rien. (Katre m eienager.) Tu viens ici faire usage de ta langue : vite, ton histoire en peu de mots.

Mon gracieux souverain, je voudrais vous apprendre ce que je puis dire que j'ai vu ; mais je ne sais comment vous !

Allons, parie,

LE MESSAGER, Comme je veillais à mon poste sur la colline , j'ai jeté ma vue sur le bois de Birnam, et aussitôt il m'a semblé que la forêt en mouvement mar-

MACBETH , U frappent.

Menteur! coquin!

LE MESSAGER

Déchargez sur moi votre courroux, si je ne dis pas la vérité : à la distance de trois milles , vous pouvez vous-même le voir; oui, voir la forêt qui s'avance.

Si ton rapport est faux , tu seras suspendu au premier arbre, jusqu'à ce que la famine vienne s'attacher à toi. Si ton récit me flatte, peu m'importe ; et je ne m'embarrasse point si tu prends ce soin pour me plaire. — Ma confiance s'ébranle, et je commence à soupçonner que l'oracle équivoque de l'esprit infernal a menti sous l'apparence de la mais je me suis rassasié d'horreurs. A présent, il vérité : Ne crains rien jusqu'à ce que la forêt

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