ACTE III
si faibles , renaître de tant de circonstances ou de I hasards , que ma place étant remplie et moi ab- I sent, mon général oubliera mon zèle et mes services.
Ne le craignez pas. Ici , devant Émilia, je vous réponds de votre place. Soyez certain que lorsqu'une fois je fais vœu d'amitié, j'en remplis jusqu'au dernier devoir. Mon Othello n'aura point de repos que je ne l'aie fléchi. Je veux importuner son sommeil, pariant , toujours parlant de vous, jusqu'à fatiguer sa patience : c'est de vous que je parlerai à ses côtés, au milieu de ses nuits; c'est pour vous que dans ses repas je conjurerai sa tendresse; dans toutes ses actions, à tout instant, le nom de Cassio reviendra sans cesse. Reprenez donc votre gaîté : votre avocate fidèle mourra plutôt que d'abandonner votre cause, btreal OTHELLO et JAGO à dbto».
ÉMH1A.
Madame, monseigneur vient ici.
CASSIO
Souffrez , madame , que je prenne congé de
DESDEMONA
Pourquoi? Demeurez, entendez-moi lui parler.
CASSIO
Pas en ce moment , madame. Je sens tout le malaise de ma position, et je suis incapable de me servir moi-même.
DESDEMONA
Suivez donc ce que votre prudence vous inspire.
(CtMlo tort.)
JAGO
Ah ! je n'aime pas cela.
Que dites-vous ?
JAGO
Rien, seigneur : ou si... Je ne sais trop...
OTHELLO
N'est-ce pas Cassio qui vient de quitter ma femme?
JAGO
Cassio. monseigneur ! Non sûrement, je ne puis croire qu'il eût voulu s'enfuir ainsi comme un coupable, en vous voyant arriver.
OTHELLO
Je crois que c'était lui.