DEUXIÈME ÉTRANGES
Je vous le dis, il a essuyé un refus, monseigneur.
Quelle étrange nouvelle ! Par tous les dieux , j'en rougis de honte ! Quoi ! refuser un homme si respectable? Il faut avoir bien peu d'honneur. Quant à moi » je dois l'avouer, j'ai reçu de lui mille petites marques de sa bonté , de l'argent, de la vaisselle , des bijoux et semblables bagatelles , qui ne sont rien auprès des présens qu'a reçus Lucullus. Eh bien , si , sans s'arrêter à lui , il m'avait envoyé demander du secours, je ne lui aurais jamais refusé cette somme dans son besoin.
(Boire Serriliu.)
SERVIUUS.
Heureusement, voilà le seigneur Lucius; j'ai tant couru pour le trouver, que je suis tout en sueur. — Mon honoré seigneur....
Ha , Servilius! je suis charmé de te voir ; sois heureux , recommande-moi à l'amitié de ton honnête et estimable maître , le plus cher de mes amis.
SERVIUUS.
Seigneur, sous votre bon plaisir, mon maître m a envoyé....
Ho ! que m'a-t-il envoyé ? Que d'obligations je lui ai ! Sans cesse il m'envoie. Dis-moi , comment pourrai -je reconnaître tant de bonté? Et que m'envoic-t-il?
SERVIUUS.
Il vous envoie seulement l'occasion de lui rendre à l'instant un service; il supplie votre grandeur de lui prêter, en ce moment, cinquante talens.
Je vois bien que Timon veut faire une plaisanterie ; il n'est pas possible qu'il ait besoin de cinquante talens, ni même de cinquante fois autaut.
SERVIUUS.
Il a besoin à présent d'une somme plus petite. Si le cas n'était pas aussi pressant, je ne vous conjurerais pas avec tant d'instances.
Mais, Servilius, parles- tu sérieusement?
SERVILIUS
SJm mon ame , rien n'est si vrai , seigneur.