‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 688 sur 689 · GRAU A NO · texte numérisé non relu

GRAU A NO

Fort bien ; que je ne l'y trouve pas, ou j'écraserais la plume du jeune clerc.

ANTONIO

Je suis le sujet malheureux de ces querelles.

Ne vous chagrinez pas, monsieur; vous êtes le bien-venu , malgré cela.

BASSANI O

Portia , pardonne-moi ce tort involontaire ; et j je jure, en présence de tous mes amis, par tes j beaux yeux, où je me vois moi-même...

Remarquez : il se voit double dans mes deux yeux; un Bassanio dans chacun. — Allons, jurez sur la foi d'un homme double : ce sera un serment bien propre à iuspircr la confiance.

BASSANIO

Non, mais écoule-moi. Pardonne-moi cette faute, et je jure sur mon ame de ne jamais violer aucun de mes sermens avec toi.

ANTONIO , k Portia.

J'ai exposé une fois ma vie pour la fortune de mon ami ; j'étais perdu sans le secours de celui qui a la bague : j'engage encore mon ame et ma vie, et je réponds que votre époux ne violera jamais sa parole sciemment.

Vous lui servez donc de caution. Donnez-lui cette autre bague, et recommandez-lui de la garder mieux que la première.

ANTONIO

Tenez, seigneur Batsanio; jurez de garder cette bague.

RASSANTO.

Par le ciel ! c'est la même que j'ai donuée au docteur.

Je ia liens de lui. Daignez me pardonner, Bas- |

sanio; le docteur a eu mes laveurs pour celle bague.

NÉRISSA

Excusez-moi aussi , mon cher Gratiano ; ce petit maussade, le clerc du docteur, a couché avec moi pour cette bague.

GRATIANO

Vraiment , c'est comme si l'on raccommodait les grands chemins en été , quand ils n'en ont pas besoin. Quoi? serions-nous déjà cocus avant de mériter de l'être î

Épargnez-nous ces grossièretés. Vous êtes tous bien étonnés. Prenez cette lettre ; lisez-la à votre loisir. Elle vient de Padouc , de la part de Bellario ; vous y apprendrez que Portia était le docteur, et Nérissa le clerc. Lorenzo vous attestera que je suis partie d'ici presque aussitôt que vous. Je ne suis même pas encore rentrée chez moi. — Antonio, vous êtes le bien-venu. J'ai à vous donner de meilleures nouvelles que vous n'en attendez. Ouvrez celle lettre : vous y verrez que trois de vos vaisseaux, richement chargés, viennent d'arriver à bon port. Vous ne saurez pas par quel étrange événement cette lettre m'est tombée dans les mains.

ANTONIO

Je demeure muet.

BASSANIO

Vous étiez le docteur, et je ne vous ai pas reconnue?

GRATIANO

Vous étiez donc le clerc qui doit me faire cocu?

NÉRISSA

Oui; mais le clerc qui ne le tentera jamais, à moins qu'il ne vive assez long-temps pour devenir homme.

BASSANIO

Aimable docteur, vous coucherez avec moi ; en mon absence , couchez avec ma femme.

Madame, vous m'avez rendu la vie el mes biens : je lis ici que tous mes vaisseaux ont fait une roulo heureuse.

Lorenzo, mon clerc a aussi quelque chose d • consolant pour vous.

NÉRISSA

Oui , et je vous le donnerai sans demander de

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