‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 85 sur 689 · IRIS · texte numérisé non relu

IRIS

Cérès, bienfaisante déesse, laisse un moment tes guérets et leurs riches bandes de froment , de seigle et d'orge dorés , d'avoine jaunissante et de pois en fleurs ; quitte le gazon ras de tes collines, où vivent les broutantes brebis , et tes vastes prairies semées de parcs où elles se retirent au milieu des pyramides de foin odorant. Abandonne tes parterres ornés d'un ruban de pivoines et de tulipes , qu'à tes ordres le spongieux avril fait éclore pour former de chastes couronnes à tes nymphes modestes; et tes bocages rembrunis dont l'ombre plaît au jouvenceau perdu d'amour et délaissé de sa bachelette ; et tes vignobles ceints ! de palissades , et tes arides grèves de mer hérissées de rocs où lu vas respirer le frais: la reine du firmament, dont je suis l'ondoyante ceinture,

(1) Le masque élait une représentation allégoriqne qu on donnait aui mariages des prince» el aux Tête» des Cours.

envoie sa messagère t'inviter à une fête sur ce gazon. Elle arrive , ses paons volent à tire d'aUe : hâte tes pas, riche Cérès, et viens recevoir ma souveraine.

(Entre Cet*».)

CÉRÈS

Salut, messagère vêtue de diverses couleurs, toi qui ne désobéis jamais à l'épouse de Jupiter; toi qui , déployant tes ailes de safran , verses sur mes fleurs des rosées de miel et les pluies rafraîchissantes ; et qui d'un bout de ton arc bleu couronnant le front de mes forêts , et de l'auu*e abaissé sur mes pelouses sans arbrisseaux, formes une riche écharpe à ma terre superbe ; dis , pourquoi ta reine m'appellc-t-clle ici sur la verdure de ce gazon frais?

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