ACTE 111, SCÈNE V
CLOTEH.
C'est encore la main d'un ami que tu reçois; mais ce moment passé, je suis ton ennemi.
LUCIDS.
L'événement n'a pas encore nommé le vainqueur. Adieu.
CYMBELINE
Chers lords, ne quittez point le brave Lucius qu'il n'ait passé la Séverne. Soyez heureux !
(Lucius paît.) LA REINE.
Il quitte notre île avec un front menaçant : mais notre gloire est de lui en avoir donné sujet.
CLOTEK.
Tout est bien : la guerre est le vœu général de vos vaillans Bretons.
Lucius a déjà mandé à l'empereur ce qui se passe ici. Il nous importe que nos chars et notre cavalerie soient promptement sur pied. Les forces qu'il a déjà dans la Gaule seront bientôt rassemblées en corps d'armée , et de là il viendra sans délai porter la guei're dans la Bretagne.
LA REINE
Ce n'est pas une affaire sur laquelle on puisse s'endormir : il faut se préparer à cette guerre avec diligence et vigueur.
CYMBELINE
Je m'attendais à cette issue , et j'ai déjà pris mes mesures. Mais, reine, oii est notre fille? Elle n'a point paru devant l'ambassadeur; elle n'a point au-
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jourd'hui rempli son devoir filial envers nous. Il y
a en elle plus de mauvaise volonté que de tendresse
filiale. Je m'en suis aperçu. Faites-la venir devant
nous : nous lui passons aussi trop légèrement ses
dédains.
(Un serviteur sort. ) LA BEINE.
Sire , depuis Texil de Posthumus elle mène une vie très-retirée ; il n'y a que le temps qui puisse la guérir. J'en conjure votre majesté , ne la maltraitez point de paroles très-sévères : c'est une âme si tendre aux reproches , que les paroles dures font sur elle l'impression des coups ; elles pourraient lui donner la mort.
( Le serviteur revient. )
Eh bien, vient-elle? Comment va-t-elle justifier ses mépris ?