‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 167 sur 294 · ACTE ]V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE ]V, SCÈNE

une dette si légitime. ^ — Transportons-le à son tombeau.

ARVIRAGUS.

Dis-moi , où le placerons-nous ?

GUrUÉRIUS.

A côte' de notre bonne mère Euriphile.

ARVIRAGUS.

Oui , Polydore ; et nous , quoique nos voix aient acquis un accent plus mâle, nous chanteroiis, en le conduisant à la terre , comme pour notre mère : répétons le même air, les mêmes paroles , et ne changeons que le nom d'Euriphile en celui de Fidèle.

GUIDÉRIUS.

Cadwal, je ne puis chanter; je pleurerai, en répétant seulement les pai^oles avec toi. Car des chants de douleur, qui ne sont pas d'accoi-d, sont pires que des temples et des prêtres imposteurs.

ARVIRAGDS.

Hé bien , nous ne ferons que les réciter,

RÉLARIUS.

Les grandes douleurs , je le vois , guérissent les petites. Voilà Cloten entièrement oublié. Mes enfans, il était le fils d'une reîne, et s'il est venu en ennemi, souvenez-vous qu'il en a été bien puni. Quoique le faible et le puissant pourissent ensemble, et ne rendent que la même poussière, cependant le respect dû à la suboi^dination , cet ange tutélaire du monde, établit une distance entre les grands et le peuple. Notre ennemi était un prince. Comme en-

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nemi vous lui avez ôtë la vie ; mais vous devez l'ensevelir comme il convient à un prince.

GDIDÉRIUS, à Bélarius.

Je vous prie , allez chercher son corps. Le cadavre de Thersite vaut celui d'Ajax, dès que tous deux ont cesse' de vivre.

ARVIRAGUS, à Bélarius.

Si vous voulez vous charger de ce fardeau, pendant ce temps-là nous réciterons notre hymne. Mon frère, commence.

( Bélarius soit. ) GUIDÉKIUS.

Cadwal, il faut que nous placions sa tête vers l'orient : c'est l'ordi^e de mon père.

ARVIRAGUS.

Il est vrai.

GUIDÉRIUS.

Allons , aide-moi à placer son corps.

ARVIRAGUS.

A présent, commence.

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