ACTE ]V, SCÈNE
une dette si légitime. ^ — Transportons-le à son tombeau.
ARVIRAGUS.
Dis-moi , où le placerons-nous ?
GUrUÉRIUS.
A côte' de notre bonne mère Euriphile.
ARVIRAGUS.
Oui , Polydore ; et nous , quoique nos voix aient acquis un accent plus mâle, nous chanteroiis, en le conduisant à la terre , comme pour notre mère : répétons le même air, les mêmes paroles , et ne changeons que le nom d'Euriphile en celui de Fidèle.
GUIDÉRIUS.
Cadwal, je ne puis chanter; je pleurerai, en répétant seulement les pai^oles avec toi. Car des chants de douleur, qui ne sont pas d'accoi-d, sont pires que des temples et des prêtres imposteurs.
ARVIRAGDS.
Hé bien , nous ne ferons que les réciter,
RÉLARIUS.
Les grandes douleurs , je le vois , guérissent les petites. Voilà Cloten entièrement oublié. Mes enfans, il était le fils d'une reîne, et s'il est venu en ennemi, souvenez-vous qu'il en a été bien puni. Quoique le faible et le puissant pourissent ensemble, et ne rendent que la même poussière, cependant le respect dû à la suboi^dination , cet ange tutélaire du monde, établit une distance entre les grands et le peuple. Notre ennemi était un prince. Comme en-
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nemi vous lui avez ôtë la vie ; mais vous devez l'ensevelir comme il convient à un prince.
GDIDÉRIUS, à Bélarius.
Je vous prie , allez chercher son corps. Le cadavre de Thersite vaut celui d'Ajax, dès que tous deux ont cesse' de vivre.
ARVIRAGUS, à Bélarius.
Si vous voulez vous charger de ce fardeau, pendant ce temps-là nous réciterons notre hymne. Mon frère, commence.
( Bélarius soit. ) GUIDÉKIUS.
Cadwal, il faut que nous placions sa tête vers l'orient : c'est l'ordi^e de mon père.
ARVIRAGUS.
Il est vrai.
GUIDÉRIUS.
Allons , aide-moi à placer son corps.
ARVIRAGUS.
A présent, commence.