‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 97 sur 294 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Une place publique.

Entre CLOTEN , DEUX SEIGNEURS.

PREMIER SEIGNEUR

Je vous conseille, seigneur, de changer de chemise. La chaleur de l'action vous a mis tout en sueur : vous voilà fumant comme la victime d'un sacrifice. Quand un air sort, un air entre ; et il n'en est point au dehors qui soit aussi sain que celui c£ui sort de vous.

CLOTEN.

Si ma chemise était ensanglantée , alors pour en changer... L'ai-je blessé ?

SECOND SEIGNEUR, à part.

Non , d'honneur , tu n'as pas même ému son âme.

i«4 CYMBELINE,

PREMIER SEIGNEUR

Blessé? Ah! s'il ne l'est pas, il faut qu'il ait un corps perméable; il faut que l'acier le traverse comme l'air.

SECOND SEIGNEUR, à part.

Son acier craignait les cicatrices ; il a battu en retraite vers la ville.

CLOTEN.

Le lâche n'osait pas m'attentlre.

SECOND SEIGNEUR, à part.

Non , il allait toujours ; mais en avant , vers ta face.

PREMIER SEIGNEUR

Vous attendre? vous avez assez de terres; mais il a ajouté à vos domaines , il vous a cédé du terrain.

SECOND SEIGNEUR, à part.

Autant de pouces de terre que tu as d'océans ! Les fats!

CLOTEN.

Que je voudrais que personne ne fût venu se jeter entre nous deux !

SECOND SEIGNEUR, à part.

Et moi aussi, jusqu'à ce que tu eusses pris sur la poussière avec ton corps la mesure d'un imbécile,

CLOTEN.

Mais comment peut-elle aimer ce misérable , et me rebuter , moi ?

SECOND SEIGNEUR, à part.

Oh!si c'estun crimedebienchoisir;elleestdamnée. i

PREMIER SEIGNEUR. '

Seigneur , je vous l'ai toujours dit, que son esprit

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