‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 116 sur 124 · THOMAS LE R1MEUH · texte numérisé non relu

THOMAS LE R1MEUH

— Sbis le bienvenu, dit - il à Thomas, sois le bienvenu ; révèle-moi quelque étrange merveille.

Thomas répond : — Que le Christ veille sur toi, brave Corspatrick , généreux comte de Dun-

bar ; sois trois fois le bienvenu !

— Descends près de moi, brave Corspatrick, et je te découvrirai trois grands malheurs qui menacent la belle Écosse, et qui doivent changer ses habits de fête en habits de deuiL

.Un orage gronde en ce moment depuis les collines de Ross jusqu’à la mer de Solway.

— Tu mens , tu mens , vieux magicien ! car le soleil brille sur la terre et sur les flots.

vu.

Thomas mit la main sur la tête du comte , et lui fit voir un rocher du côté de la mer, où un monarque étoit étendu sans vie sous so» cour-

SECOHUB PARTIR. 3).Ô

sier 1 , et ses nobles 1 chevaliers essuyôient leurs yeux humides. ' , ■ >

J ‘ viii. • ' .

— La seconde malédiction que je t’annonce ^accomplira sur les collines de Branxton : au milieu des fougères de Flodden flottera une bannière-rouge comme le sang, sous laquelle marcheront des chefs valeureux. • ’

— Un roi d’Ecosse viendra à leur rencontre :

il porte le lion sursonécu; une flèche empennée, lancée par une main ennemie, le renversera sur le champ de bataille a . 1

En voyant couler le sang de la blessure, il dit encore à ses guerriers : — Pour Pamour du Ciel , faites face à ces soldats du Sud , et forcez la victoire à vous suivre 1 Pourquoi perdrois-je aujourd’hui mes droits? Ce n’est pas aujourd’hui que je dois mourir *. - . » ’ ’ i ' •

1 C’est Jeiroi Alexandre, qui périt d’une chute de cheval auprès de Kinghorn.

’ Bataille de Flodden-Field.

1 On, fut long-temp* incertain en Écosse sur le sort de

THOMAS LE RIMEIIR. ' . * ,

• . Cm* 1 N *

— Maintenant, comte, tourne les yeux du côté de l’orient, et tu verras un spectacle de malheur; quarante mille soldats armés de lances sont rangés en bataille près du beu où la rivière se perd dans

la mer.

— C’est là que le lion perdra sa dorure, entièrement effacée par les léopards. Que de noble sang sera versé ce jour-là auprès de Penkyn !

— 'C’est assez, dit le comte, me montrer de revers; fais-moi ‘Voir maintenant quelque heureux événement, ou, sur ma foi, tu maudiras le

jour où tu rencontras Corspatrick.

Jacques IV,' après la bataille de Floddcn-Fied. Il y en avoit qui préteudoient que ce prince avoit été en pèlerinage , èt qu’on le verroit quelque jour venir réclamer sa couronne. Les Anglais soutenoient qu’il étoit mort, et montraient pour preuve sa dague et son épée; mais les écossais les défioieut de montrer le baudrier que Jacques ne quittoit jamais.

* SECONDE PÀttTlE.

'V Jÿ; -. ■*

* XIV

* — .La première des bénédictions que je te vais révéler s’accomplira près du ruisseau de Bannock- ^Bum *; c’est lâ que les Saxons maudiront leurs arcs, en voyant leurs flèches tromper leur adresse.

Page 1