‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 6 sur 124 · XXVIII. . "I · texte numérisé non relu

XXVIII. . "I

Alors les deux frères sautèrent à terre. L’équipagè fatigué resta dans le navire pour le garder. A la lueur des torches dont la lumière obscurcie de fumée se réfléchissoit dans la mer, l’un des , chevaliers porta sur le rivage la jeune fille, qui étoit presque mourante. Sa tête se penchoit sur les larges épaules du chevalier, et les tresses de ses cheveux étoient pendantes ; semblables aux guirlandes de la vigne sauvage à laquelle le chêne de la montagne sert d’appui. L’autre chevalier, plus avancé eu âge, suivoit son frère. Sa main portoit une épée dans le fourreau. Peu de bras auroient pu manier une telle arme : les casques les mieux trempés et les boucliers les plus solides ne résistoient point à ses coups.

Us passent sous la herse relevée et par Fe guichet fermé avec des barres de fer; ils suivent une longue^oûte flanquée de meurtrières où se placent les archers pour recevoir l’eunemi que ' la trahison ou la force auroit conduit dans les h retranchements. Mais aujourd’hui chaque poste ■* * est désert , les passages sont libres et sans défense.

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chant pbfAheii. ■

Les étrangers parviennent dans un vaste vestibule où les écuyers et les hommes d’armes, les J * pages et les valets célébroient aussi la fête. • , *

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— Arrêtez-vous ici , leur dit le gouverneur. Je

cours instruire notre prince de votre arrivée ; et

vous, camarades, cessez d’examiner cette jeune

fille et ces étrangers , comme si vous n’aviez jamais

vu de femme fatiguée de la mer, une figure mâle . * . . ■ . .

et un maintien guerrier.

Malgré ce reproche d’Eachin , les pages et les vassaux ne s’éloignèrent pas. Ils se réunirent en cercle autouf des voyageurs , comme des gens à ;qni la courtoisie n’est pas familière. Mais le bouillant Edward arracha rudement le plaid bariolé de celui qui s’étoit le plus approché , et le jeta sur *■ sa sœur pour la dérober aux regards de ces hommes grossiers. Le frère du chevalier, voyant . l’Écossais frohcer le sourcil en signe de mécon- 1 tentement , lui adressa ces excuses courtes’ et . a sévères : . - ' - / ■ ‘J

— Vassal, apprends que le manteau que porte ton seigneur dans ce jour de fête seroit encore honoré de couvrir cette jeune fille. • - : " "

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Son langage étoit fier, mais calme. Son œil brilloit de cette dignité imposante , son maintien avoit cette noblesse et cette autorité qui commandent le respect aux âm*s vulgaires. Les signes de tête, les regards, le rire moqueur, tout cessa. Les vassaux reculèrent confus les uns après les autres, comme un troupeau de daims timides. Le sénéchal parut alors. 11 avoit reçu l’ordre du baron de conduire les étrangers dans la salle du château ou l’on allôit célébrer le pompeux hymen du prince des lies avec Edith, sa belle fiancée. A côté d’elle on voyoit son vaillant frère et maints chevaliers, la fleur et l’orgueil des terres et des mers» de l’ouest. $■"

Lecteur, arrêtons-nous; si mon récit a su mériter votre indulgence, ne me refusez pas un moment de patience. Le ménestrel reprendra bientôt

ses chants.

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