QUATRIEME FILLE
— Laisse ces pierres sans éclat, laisse-les ; regarde les miennes ! mais voile tes yeux avec ta main ; car le diamant, comme le soleil, prive de la vue le téméraire qui ose le contempler fixement. >
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— Guerrier, empare-toi de tous ces trésors; plût aux dieux que nos montagnes n’en recélassenl plus d’autres! nous ne serions pas obligées urt* jour de gémir sur les malheurs du Pérou.
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Le chevalier, sans se laisser séduire, refusa du
geste les trésors qu’on lui offroit, et il ajouta-: — Levez-vous, je vous prie, aimables étrangères; ne vous opposez point à mon passage. Que ces brillants bijoux ornent les cheveux des jeunes , v
filles et des enfants; que vos fleuves d’or aillent
ü56 LES FlAXÇAILLjfe OÉ TRIERMAIM. 3
arrôser la terre altérét de Londres : De Vaux n’a besoin de richesses que pour acheter un coursier pu des armes; tout l’or qu’il daigne garder est sur son casque et à la poignée de son épée.
.. C’est ainsi que De Vaux sortit sans émotion de • la salle de l’or.
xxvifi.
Le soleil étoit au milieu de sa course; De Vaux étoit fatigué et altéré , quand il entendit un agréable murmure qui l’avertit qu’il alloit bientôt voir une fontaine : il entra en effet dan9 une cour carrée au milieu de laquelle une source limpide jaillissoit en brillants jets d’eau. A droite et à gauche s’ouvroient des allées touffues qui se prolongeoient en longue perspective; njais^visà-vis, Roland remarqua une porte basse.qui sembloit conduire à l’obscure demeure des morts effacés du souvenir des hommes.
Le chevalier s’arrêta un moment pour rafraîchir ses lèvres et son visage, et contempla d’un ; œil charmé les reflets du soleil sur l’onde, qu’ils coloroient des teintes variées de l’arc-en-ciel: ses sens éprouvèrent une douce langueur, comme celle qui agit sur l’âme après de hautes contemplations , quand nous écoutons l’harmonie du feuillage qui répond aux soupirs de la brise.