CHAPITRE CCLXXIX
Je m’cnbromille.
Je voudrais que mon oncle Tobie eût été buveur d’eau; un aurait compris pourquoi, du premier moment que la veuve Wadman le vit, elle sentit quelque chose en sa faveur.
Quelque chose peut-être au-dessus de famitié, au-dessus de l'amour, pourtant, quelque chose, n'importe quoi, n'importe où, je ne donnerais pas un seul crin de la queue de ma mule (qui franchement n’en a guère a perdre) pour être mis dans le secret.
Hais mon oncle Tobie n'était rien moins que buveur d'eau. Il ne la buvait ni pure, ni mêlée, ni d'aucune manière, m en aucun lieu , excepté peut-être dans quelque jioste avancé
où l'on ne pouvait avoir de roeillenre liqueur. Peut-être aussi dans le temps de sa blessure, lorsque le chirurgien ne cessant de lui dire qu'ilfallaitdétendre ses fibres, et que la réunion de la plaie s'en ferait plus vite; mon oncle Tobie consentait à en boire pour l'amour de la paix.
Tout le monde sait que dans la nature il n'y a point d'effet sans cause. Et l'on stiit également que mon oncle Tobie n'était ni tisserand, u'i jardinier , ut gladiateur, à moins que vous prétendiez que eapilaine soit l'équivalent de g/adialeur; maisil était simplement capitaine d'infanterie. D'ailleurs, ceci est une explication forcée. Mous n'avons donc rien ù supposer que cette malheureuse jambe.
Mais dans la présente hypothèse, elle ne nous 'servirait qu'aiitant que son accident aurait été la suite de quelque mal au pied; mais la jambe de mon oncle Tobie n'avait maigri par l'effet d'aucun désordre dans le pied. Que dis-je? La jambe de mon oncle 'l'obie n'avait pas maigii du tout. Elle éuiit un peu roide et sans grûce, ce qui pouvait venir du défaut total d’exercice où elle était restée pendant les trois ans que mon oncle Tobie avait passés à la ville dans la maison de mon père ; mais elle était forte, nerveuse, et au total , c'était une jambe aussi bien faite et d’aussi bon augure que toute autre.
Je déclare que je ne me rappelle aucune occasion, aucun passage du livre que j’écris où je me sois trouvé aussi embarrassé qu'au cas présent, à faire joindre les deux bouts, et à faire cadrer de force le chapitre que j’écrivais au chapitre qui devait suivre. On dirait que j'ai pris plaisir û rassembler les difficultés de toute espèce, uniquemeot pour voir comment je pourrais en sortir.
Insensé que tu es ! quoi ! cés détresses inévitables qui n’ont cessé de t’afiliger comme homme etcommeauteiir: cesdétresses. Tristram, ne te suffisent pas! et tu veux te jeter dans de nouveaux embarras!
N’est-ce pas assez que tu sols endetté de tous cûtés? N'as-tu pas dix tombereaux chargés des premiers volumes de ton Tristram, qui ne sont pas encore vendus? Et n’es-tu pas presque à bout de ton esprit pour trouver le moyen de t’en défaire ?
TRISTRAU SHAKDT.
N'es-tu pas, à t'hcurc qu'il est, tourraenté (In ce maudit asthme que tu as gagné en l'Iandrc en patinant contre le vent? Il n'y a pas plus de deux mois, qu'à force de rire de la posture ridicule d'un cardinal, tu te rompis un vaisseau dans la poitrine, et en deux heures tu perdistant de sang, qu'àen croire les médecins, si l'hémorragie eût duré une fois autant, tu en aurais perdu plus de quatre pintes!