VOYAGE SE.YTIYEM.VL
l'i'xnininnnl tic plus pri's , presque cnlièrcnicnt dcUgiiré : il cUiit |)ütc et miné par la
lièvre Depuis Irenleaiis, son sang n'avail
point clé ral'raii'lii |>ar le vent d'ouest. Il n'avuitvu ni le soleil ni la lime pendant tout ce temps.... Ni amis, ni parens, ne lui avaient fait entendre les doux sons de leurs voix à travei-s ses grilles Scs enfans
Ici mon cœur commença à saigner , et je fus forcé de jeter les yeux sur une autre p.nrlic du tableau.
Il était .assis sur un peu de paille dans le coin le plus reculé du cacliot. Celait alternativement son lit et sa ch.aise Il avait la
main sur un calendrier qu’il s’était bit avec de petits bétons, où il avait marqué par des tailles les tristes Jours qu’il av.fit passés dans cet affreux séjour Il tenait un de ces pe-
tits bâtons, et avec un clou rouillé U ajoutait, par une nouvelle entaille, un autre jour de misère au nombre de ceux qui étaient passés. Comme j’obscurcissais le peu de lumière qu’il avait, il leva vers la porte des yeux éteints par le désespoir , les baissa ensuite, secoua la tête , cl continua son déplorable travail. Scs chaînes, en mciuint son petit bâton sur le tas des autres , se firent
entendre Il poiis.sa un profond soupir
Le fer qui l'entourait me semblait pénétrer
dans son amc Je fondis en larmes Je
ne pus soutenir la vue de cet affreux tableau
que mon imagination me représentait Je
me levai en sursaut j’appelai Lafleur,
et je lui ordonnai d’avoir, le lendemain matin, un carrosse de remise à neuf heures précises.
J'irai, dis-je, me présenter directement à M. le duc de Choiseiil.
Lafieur m’aurait volontiers aidé à me mettre au lit; mais je connaissais sa sen-
sibilité , et je ne voulus pas lui faire voir mon air triste et sombre: je lui dis que je me eonclierais seul, et qu’il pouvait aller en faire aiiUint.