DE STATISTIQUE
questions et par la répétition des mêmes idées. En méditant ce Tolume , un ami, un admirateur du comte Berschtold, eral concourir à ses Tues d'utilité publique» s*il réduisait ses questions à des éléments plus simples , à un système plus concis. De ce travail est né le tableau resserré que nous I>résentons ici , qui n*est pas une production nouTelle : il y a bientôt Tingt ans qu'il fat dressé par ordre du gouvemeneai français, et spécialement du ministère des relations extérieures; à cette époque ( 1795 ) , où le goûtide l'instruction se ranima , des cbefe éclairés sentirent d'autant plus le besoin de dirige leurs agents qui résidaient en pays étrangers, que beaucoup de ces agents exerçaient pour la première fois leurs fonctions. L'administration les considéra comme des Toyageurs diplomatiques et commerciaux au moyen desquels eUe deyait se procurer des informations plus complètes , plus étendues qu'auparavant. Pour diriger leurs recherches, elle sentit la nécessité d'avoir un système de questions bien ordonné. L'opinion publique désignait un livre récent dans lequel se faisait remarquer ce goire de mérite. Le ministre appela l'auteur, et le chargea de la rédaction du travail qu'il avait en vue. Les questions suivantes furent composées et bientôt imprimées en un petit format, dont les exemplaires furent bornés à un assez petit nombre. Déjà le temps et les événements les ont rendus rares, et parce que quelques personnes en place en ont connu d'heureux résultats, et ont désiré de voir ce modèle phis répandu , l'on s'est détenmné à le réimprimer en un format susceptible d'être joint à la plupart des Uvres de voyages. On ne doit point répéter ici l'instrucUon officielle qui servit de préliminaire : néanmoins comme elle contient plusieurs idées qui concourent au développement du sujet, l'on a cru convenable d'en conserver la substance.
« L'administration, y est-il dit, pense que les loisirs, n souvent assez longs » dont jouissent ses agenU dans les « pays étrangers, leur laisseront le temps de vaquer aux « recher€hesqu'indiquentcesquestions;elleespèremême « que ce travaU ne sera pas sans attrait pour eux, puisqu'il « répandra sur tous les objets qui les environnent un m- « térêt de curiosité, qui bientôt se changeant en instruc- « tion, les attachera de jour en jour davantage : quelque- « foisparleurposition,privésde8ociété,ilsen trouveront « une aussi utile qu^amusante dans leurs rapporU et leurs « entreUens avec les artistes et les hommes expérimentés « de tout genre qu'ils devront consulter; et plus souvent .. encore privés de Uvres, ces questions leur en fourniront « un presque fait , puisqu'elles sont une table de chapitres « qu'a ne s'agit que de remplir; qui, pour être remplie, « ne demande que de fixer leurs r^ards sur le modèle de « tous les Uvres, sur le spectacle de la nature et sur cdui « des faits sans cesse présents à leurs yeux ; en sorte qu'en « les recueillant, ils se procureront un livre d'autant plus « piquant, qu'eux-mêmes en seront les auteurs.
« L'administration a donc lieu de penser que ses agente a concourront avec zèle à atteindre le but d'utilité qu'eUe « a en vue, et qu'elle aime à leur communiquer. Persuadé H que toute vérité, surtout en gouvernement, n'est que « le résultat d'une longue expérience, c'est-Mire , de beau- « coup de faits bien vus et judicieusement comparés; que « ce qu'on nomme /winclpe* de gmvernment ne sont
« que des faits sommaires, que des résumés de faits parti ticuliers; qu'enfin toute bonne théorie n'est que l'expo- « sition d'une bonne pratique, le ministère a désiré de « rassembler, sur la science si importante de l'économie « publique, un assez grand nombre de faits pour retirer de « leurcomparaisonmûrementméditée,soitdesvéritésneu- « ves, soit la confirmation des vérités connues, soit enfin « la réfutation d'erreurs adoptées; et ces faits seront d'au- « tant plus instructifs, qu'ils procéderont de lieux plus di- « vers, qu'ils seront observés par plus de spectateurs, et « qu'ils {vésoiteront plus de rapporte ou même de cona trastes dans le cUmat, le sol, les produits naturels et a toutes les drconstances physiques et morales.
« C'est dans celte intention qu'ont été dressées les quesa tions ci-jointes. Plus on les analysera, plus on se con- « vaincra qu'elles ne sont pas le fruit d'une vaine curiosité K ou d'une perquisition inquiétante, mais que toutes ten- « dent vers des fins d'utilité publique et sociale. Les agente « reconnaîtront ce caractère même dans les questions qui « d'abord y sembleraient étrangères; par exemple, celles « sur les vents, qu'on croirait n'appartenir qu'à une science « de physique abstraite, touchent cependant de près l'ad- A ministration et le commerce ; car si, comme on a droit « de l'espérer, l'on parvenait à connaître le système général « des courante de l'air ; si l'on s'assurait que lorsque le vent « règne sur une plage , il est le produit ou le correspondant « de tel autre vent sur teUe autre plage; qu'un même vent « pluvieux et fécond sur telle côte de France ou d'Espagne, « est sec et stérile sur telle côte opposée d'Amérique et « d'Afrique, 11 naîtrait de ces connaissances une théorie « aussi hardie que certaine pour des spéculations d'ap- « provisionnemente, de commerce, d'expéditions mariti- « mes. Il en est ainsi des questions sur l'état physique d'un « pays, sur la nature de ses productions , sur les alimente « de son peuple et sur ses occupations. Dès longtemps des « observateurs profonds ont cru reconnattre que tous ces « objete avai^t une influence puissante sur les habitudes , «les mœurs, le caractère des nations, et par suite sur la R nature des gouvememente et le genre des lois. 11 serait « infiniment important d'asseoir sur de telles questions un «i jugement déterminé dans un sens quelconque; et ce ju- « gement ne peut se prononcer que d'après un examen « suffisant des fiilte. Le résultat , atteignant aux bases fonte damentales de toute légistation, intéresse toute l'huma- « nité : la nation française aurait bien mérité du genre hu- « main en constatant des vérités d'un ordre si élevé.
« Le mmistèie en adressant ces questions à ses agente, « n'a point entendu les astreindre à donner la solution de a toutes par eux-mêmes. Il sent trop bien que plusieurs 0 d'entre elles exigent des expériences et des travaux pour « lesquels ils n'ont pas un temps suffisant; il est naturel , « et môme nécessaire, qu'ils consultent les habitués du « pays oii Us résident MaU le mmistère désûre qu'ils por- « tenlunecirconspectionscrupuleuseàs'adresserauxplus « instruite qui, en même temps, joignent à l'exactitude « l'amour de la vérité. Il leur recommande cette exactitude « dans la spécification des poids, des mesures, des quan- « tités. Le principal mérite des expériences consiste dans a la précision; et si l'estime attachée à un travaû est un
QUESTIOTfS
i k l'exécater, Os doivent être pe^ > »Mdésqog te gcHiveniement attache en grand pli» à celui t dont ils sont chargés; qa'il en connaît tes (Asiactes, tes t difficultés, et qu'il sait d'aTanceqneteUe réponse de deux t lignes leur aura ooMé souTent un mois de recherches; i mais ces deux lignes seront une vérilé , et une Térilé est t un don étemel à rhumanité.
« Le ministère ne les borne pas non plus strictement aux I cheft des questions qui sont proposées; ils peuvent en t joindre du même genre. Seulement il 1^ invite à ne pas t trop les multiplier. Ce n*est pas la quantité qui fait le I mérite des observations, c'est la justesse, et la justesse i veut beaucoup de temps. Par cette raison, ce ne sont I point des mémoires rédigés qu'il leur demande , ce sont I des notes; et pour plus de (Nrécision et de clarté, il les I engage à les accoler en face des questicms. »