‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 10 sur 466 · ACTE M · texte numérisé non relu

ACTE M

se £ tf^ f.K.E m ï è r ^ ;; : ; ' •

DORFISE, M-îVBURLBTMe kèrdièr MdWPOR; -' ! " 'K; ^TO.OfrFJSE. "• :•: :i' if .• '\ :, ' - .

Adoucisse^ trfcftisî^Or le ^clwvfcMfep.

De vc La pu Ne pei

Vous Vous Etvoi Cheve

Encore

DORFISE.

M»*. BŒRïiETl" Eh bien , je suis dç sojr^côte*; Vous affectez trop de seyérïte. * La liberté n'est pâs~ toujours licence.

On peut, je crois , encadre avec décence , De la gaîté les innocent éclats, , " ' ' ' ' ;

Ou bien semble? ne les entendre pas.

Votre vertu , toujours un peu farouche, Veut nous fermer et Toreide étJa J*>uche r .

pOjflFïSE.

Oui ! l'une et l'autre; et fermez , croyez-moi 7 Votre maison à tous ceux que j'y voi.

Je vous l'ai dit, ils vous perdront, cousine. Comment souffrir leur troupe libertine ?

Le beau Cléon qui , brillant sans esprit , ■' Rit des bons mots qu'il prétend avoir dit ?

Damon qui fait, pour vingt beautés qu'il aime. Vingt madrigaux plus fades que lui-même ?

Et ce Robin parlant toujours de lui ?

Et ce pédant portant partout l'ennui?' Et mon cousin qui....

Le chevalier MONDOR.

nadame ; Chacun se ne

Parle du r J'aurai du Je veux ic

En quatre *,

A commeuber u<n....

Ah! n'en : feités rien z" 11 n'appartient qu'aux personnes dé bien : '"' De châtier , de gourmànder le vice.

C'est à mes yeux une tyorrible injustice % Qu'un libertin satirise aujpurd'huj

D'autres mondains moins vicieux qufetitt.

Lorsque j'en veux à l'humaine nature, ' ." C'est zèle, honneur et vertu toute pure, Dégoût du monde. Ah Dieu ! que j£ le, bai», . . Ce monde infâme!

M me . BURLET. :

Il a quelques attraits. ; DORFISE.

Pour vous, hélas! et pour votre ruine.

M œe . BURLÉT. /

N'en a-t-il point un peu pour vous, cousine 7 Haïssez-vous ce monde?

DORFISÈ. ' - Horriblement.

Le cheyrfier MOKDOR.

Tous les plaisirs?

* 0ORFISE. , . „

Epouyantablement. .

Jà m \ BURLET.

Le jeu? le bal? V

Le cheralier MONDOR.

La musique ?'fa table? ' / 4 dorfiSe/ j

Ce sont , ma cbère ^'inventions du diable.

M œ *. ; BtJKLET.

Mais la parure et les ajusteznens, Vous m'ayoûrcx...

t A, PRUDE. 665

r, DORFISE.

- .. , Ah ! quels vains or nemens!

Si vous saviez 4 quel poinjt je. regrette Tous les instans perdus à ma toilette !

Je fuis toujours le plaisir de me voir ; Mon œil blessé craint l'aspect d'un mirgir.

M™. BtJRjUÊÎ. 1 Mais cependant , ma sévère Dbrfîse , Vous me semblez bien coiffée et bien mise.

DORFISE.

Bien?

Le chevalier MONDOR.

Du grand bien.

DORFISE.

Avec simplicité.

Le chevalier MONDOR.

Mais avec goût.

M*«. BURLET.

Votre sage beauté, Quoi qu'elle en dise, est fort aise de plaire.

Moi ? juste ciel !

M—. BURLET.

Parle-moi sans mystère.

Je crois, ma foi, que ta sévérité A quelque goût pour ce jeune éventé.

Il n'est pas mal fait.

(en montrant Monder. ) Le chevalier MONDOR.

Ah !

M»«. BURLET.

C'est un jeune homme Fort beau, fort riche.

Le chevalier MONDOR.

Ah!

DORFISE.

Ce discours m'assomme.

Vous proposez l'abomination !

Un beau jeune homme est mon aversion; Un beau jeune homme ! ah ! fi !

Le chevalier MONDOR.

Ma foi, madame, Pour vous et moi j'en suis fâché dans l'âme.

Mais ce Blanford, qui revient sans vaisseau, Est-il si riche, et si jeune , et si beau?

DORFISE.

Il est ici ? quoi ! Blanford ?

Le chevalier MONDOR.

Oui, sans doute. *

COLETTE, en entrant avec précipitation.

Hélas ! je viens pour vous apprendre....

DO il FI SE à Colette à I 1 oreille. " "/' '

• " " : Ecoute; : -

M m ». BURIÎET.

Gomment! - : ^ . r

*D O R F I S E au chevalier Mondor.

Depuis o^u'il prit de moi cqngé, r . ;; . ' De ses défauts je l'ai cru corrigé i ," ' >- : r / Je l'ai cru mort.

Le chevalier MONDOR.

Il vit$ et le corsaire Veut me couler à fond , et croit vous plaire. ;

D O R F I S E , en ae retournant vera Colette.

Colette, hélas!

COLETTE

Hélas 1

DORFISE.

Ah ! chevalier , Pourriez-yous point sur mer le renvoyer ?

Le chevalier MONDOR.

De tout mon cœur.

Sait-on quelque nouvelle De ce Darrain , son ami si fidèle ?

Viendra-t-il point ?

Le chevalier MONDOR.

Il est venu ^ Blanford L'a raccroché dans je ne sais quel port.

Ils ont sur mer donné , je crois , bataille , Et sont ici n'ayant ni sou ni maille.

Mais avec lui Blanford a ramené Un petit Grec plus joli , mieux tourné..*.

DORFISE.

Eh oui , vraiment. Je pense tout à l'heure Que je l'ai vu tout près de ma demeure :

De grands yeux noirs?

Le chevalier MON DOR.

Oui.

DORFISE.

Doux , tendres , touchàns ?

Un teint de rose ?

Le chevalier MONDOR.

Oui.

D OR FI SE t en s'animent un peu piaf .

Des cheveux, des dents....

L'air noble , fin ?

Le chevalier MONDOR,

C'est uqe créature t^u'à son plaisir façonna la nature.

DORFISE.

S'il a des mœurs, s'il est sage , bien ne', Je veux par vous qu'il me soit amené...

Quoiqu'il soit jeune.

M— ,BURLET.

Et moi | je veux lur l'heure Que /de Darmin l'on cherche k demeure.

Allez , la Fleur , trouvez-le , et lui portes Trois cents louis' , que îe crois bien comptés ;

( elle doflbè une bourse à la Fleur epli est derrière elle. )

Et qu'à souper Bhmford et lui se rendent.

Depuis long-temps tons nos amis l'attendent, Et moi plus qu'eux. Je n'ai jamais connu * De naturel plus doux, plus ingénu:

J'aime surtout sa complaisance aimable »

Et sa yertu liante et sociable.

DORFISE.

Eh bien , Blanford n'est pas de cette humeur j Il est si sérieux !

Lechewlier MONDOR. .

Si plein d'aigreur !

DORFISE.

Oui, si jaloux...

Le cheralier M ON DO ft îaterrompast bnuquement.

Caustique.

Il est..

Le chevalier MONDOR. ,

Safcs doute.

DORFISE.

Laissez -moi donc parlerait est....

Le chevalier MON DO R.

J'écoute.

DORFISE.

Il est enfin fort dangereux pour moi.

M w# . BÛRLET. .

On dit qu'il a très-bien servi ta roi, Qu'il s'est sur mer distingué dans la guerre. 7

DORFISE.

Oui ; mais qu'il est incommode sur terre ! *

Le chevalier MONDOR.

Il est encore... A

DORFISE^P '

Oui.

* Il Y a dans l'anglais: Vous m'avouerez qu'il a une bette physionomie , un air mâle ; oui , il ressemble à un Sarrasin ^teint sur l'enseigne d'un cabaret ; il a du courage comme le bourreau; il tuera un homme uni aura les mains liées, et il n'a que de la cruauté, ce qui ne ressemble pas puis au courage que la médisance continuelle ne ressemble à de l'esprit.

Le chevalier M ON D OR.

, Ces marins (Tailleur* . r . -; Ont presque tous de si vilaines mœurs! .. . ..,

DORFISE. '. \: *.\.. , ,

Oui.

M m ». BTJRLET.

Mais 'on dit qu'autrefois vos promesses De quelque espoir ont latte «es téil dfiefcèes 9 ^' * (

DORFISE. s

Depuis ce temps j'ai , par excès d'ennui, '' ',,./,' Quitté le monde, à commencer paçrlçj ;.,.,"', \ l Le monde et lui me rendent si craintive !.,:,,', .

••/ scène il*. *• "; l, j : : , : ; ;' ;

DORFISE, M m VBlJRLET, le chevalier MQtfJPlQR, COLETTE. COLETTE.: ,:..;' ; .; :

Madame !

DORFISE.

••' Eh bien? - f ' < ,n

COLETTE

Monsieur Blanford arrive.

Ciel!

DORFISE.

M mt . BURLET. •

Darmie est avec lui l r *

COLETTE

Madame , oui.

W. feURLET.

J'en ai le cœur tout-à-fart réjoui.

' DORFISE.

Et moi , je sens une douleur profonde ; Je me retire, et je veux fuir lé monde.

L« cheralier MONDOR.

Avec moi donc? ' , t ,

DORFISE.

Non , s'il vous plaît , sans vous.

: ' : ' l •" (ellewrt.)

* ''SCÈNE 1IÏJ ^" » "'*••: ' - '

M*°. BURLET, 'ÉLABORE, DARMlNl le chevalier MÔtfDOR,

adiwe.;

' "' DARMIN àM* % . Bàrlèt; :■'» , '' ' ;

Madame, enfin /souffrez qu'à vfas genoux...

M me . BURl£T courant au devant de Darmin.

Mon, cher Damin , venez , j'ai fait jtàrlie

. ; P'alJer au balapr^s, la, porp,e'3ie ; , - > t rWi> „ ,, -,

' $ous causerons ;xnoa .carrosse est là-basv '* ;. .. -m»m

' , i .(à Blanford.,) ; . , .. ^.v— j .5 •

Et vous,: rrgns, y v wndrez-vous ? !, . ,. .. fi

BLANFORD.

Non pas.

Je viens ici pour chose sérieuse.

Allez , courez , troupe folle et joyeuse , Faites semblant d'avoir bien du plaisir , Fatiguez bien, votre inquiet loSir. ;

[ au jeune Adiae. )

Et nous, jeune homme, allons trouver Dorfise.

( M ne . Burlet sort avec le chevalier et Darmin qui lui donnent chacun la main , et Blanford continue. )

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