‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 111 sur 466 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LINDANE, POLLY, FABRICE avec une serviette.

FABRICE

Pardonnez... madame... mademoiselle... je ne sais comment vous nommer , ni comment vous parler : vous m'impose* du respect. Je sors de table pour vous demander vos volontés... je ne sais comment m'y prendre. LINDAN E.

Moucher hôte, croyez que toutes vos attentions me pénètrent le cœur $ que voulez- yous de moi?

L'ÉGOSSÀISE. m 709

••-'*[ "V FAB{RICE

C'est moi qui voudrais biea que vous voulussiez avoir quelque volonté. Il me semble que vous n'atéz point dîné hier.

LINDANE. ! '

J'étais malade. > . » !

.'-«*:■" j )»«.i - ■ . FABRICE. ' t . - • ■ ■ ,. s •

Vous êteacpfoiskprça malade , vous êtes triste... Entre nous , pardon* nez... ifc parait que votfe fortune «'est pas- comme votre personnes

:;) '- :rKii : ,,; -' : ; UïrDàNÉ: ,; :; " ' ••• : ,

Comment? quelle imagination I je ne me suis jamais* plaid te de ma fortune. M , , . • ,

' ' T •; ''■'"- ^ cî " '. FAiîirrcE/'" • ' / . \" Non ; ? vous 1 dis-jè, eîlé rfêii pas? si Belle, si bonne , si désirable e vous l'êtes. **vi':n

que

». ' .-> ; '/"r ■ LiNiu^E; Que voulez-vous dire ?

I?AP,ÏU,GE'

trop i peu-

Que vous touchez ici tout je ^Dionde. et que vous l'évitez 1 Écoutez, je ne suis qu'un homnte~sînip1e , qu'un homme du

Î)le ; mais )è vois tout votre niéri te , comme si j'étais un homme de a cour : ma chère dame, un jffeu iiè bonne chère : nous avons làhaut un vieux gentilhomme avqcqttr vous devriez mafager.

LINDANE

Moi ! me mettre à table av#c un homme, avec un inconnu l

FABRICE. ,.-.,

C'est un vieillard qui me parait tout votre fait. Vous paraissez bien affligée, il paraît bien triste aussi : deux- afflictions mises ensemble peuvent devenir une consolation.

LINDANE

Je ne veux, je ne peux y oit personne.

FABRICE. 1 '

Souffrez au moins que ma femme vous fasse sa cour ; daignez permettre qu'elle mange avec vous pour vous tenir compagnie. Souffrez quelques soins.... ..>-.■> . . -

LINDANE

Je vous rends grâce av$c sensihilité r mais je •ai besoin d$ : rien.

Oh ! je n'y tiens pas ; vous, n'avez besoin de rien , et vous n'avez pas le nécessaire !

LINDANE

Qui vous en a pu imposer si témérairement ?

FABRICE

Pardon l <

LINDANE

Ah ! Polly , il est deux heures , et milord Murray ne viendra point ! FABRICE.

Eh bien , madame , ce milord dont vous parlez , je sais que c'est l'homme le plus vertueux de la cour s vous ne l'avez jamais reçu ici que devant témoins; pourquoi ^ n'avoir pas fait avec lui honnête-

7 io THÉÂTRE.

ment, devant témoins, quelques petits repas que j'aurais fournis ?

C'est peut-être votre parent ? .

LIN D ANE

Vous extravaguez , mon cher hôte.

FA B R I C E en tirant Polly par la manche.

Va , ma pauvre Polly, il y a un boa dîner tout prêt dans le cabinet qui donne dans la chambre de ta maîtresse, je t'en avertis. Cette femme-là est incompréhensible* Mata qui 'est donc cette autre dame qui entre dans mon café comme si c'était un homme? elle a l'air

bien furibond. .„

Ah ! ma chère maîtresse , c'est milady Alton , celle qui voulait /épouser milord ; je l'ai vue une fois v$£er près d'ici, i; ç'eU elle.

LINDÂNE. . ?/ ,-"

Milord ne viendra point; c'en* est fait, je suis perdue : pourquoi me suis-je, obstinée à vivre?

{ elle rendre. )

':sc.èmê vu. •

Lady ALTQN, ayant traversé avec «oièré le théâtre, et prenant Fabrice parle bras.

Suivez-moi, il Jfaut que je vo*s parle.

FABRICE

À moi , madame ?

Lady ALTON. '

A vous , malheureux!

FABRICE

Quelle diablesse de femme ! : .

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