SCÈNE PREMIÈRE
FABRICE, FRELON, dans le café à une table ; FfiËËPÔRt, une pipe
â la main au tattieu d'eux.
FABRICE
Je suis obligé de vous l'avouer, monsieur Frelon ; si to\it fcfe qu'on
dit est vrai , vous me feriez plaisir de ne plus fréquenter chez nous.
FR,ELON
Tout ce qu'on dit est toujours faux; quelle mouche vous pique , monsieur Fabrice?
FABRICE
Vous venez écrire ici vos feuilles : mon café passera pour une boutique de poison. ■
ERE EPORT m tounafet «eft tti*i<*.
Ceci mérite qu'on y pense , voyez-vous ?
FABRICE
On prétend que vous dites du mal de tout le monde.
FREEPORT à Frelon.
De tout le monde, entendéz-vous? c'est trop.
FABRICE
On commence même à dire que vous êtes un délateur, un fripon; mais je ne veux pas le croire.
L'ÉCOSSAISE. y3i
• * ■ • FflttËPORT i té&A.
Un fripon...; eftténaWvôus ? cela passé là ralHèrië.*
FRELON
Je suis compilateur illustre , un nomme de goût.
* * \FÀfe.IUCE. '
De goât ou de dégoût , vous me faites tort , vous dis* je,
FftfcLôit.
Au contraire v c'est ttKM^i achalandé votre café; c'est ttioi qui l'ai mis a k monte ; c'est ma réputation qui vous- attire du monde»
FABRICE
Plaisante réputation ! celle 6'utt espion , d'un malhonnête homme ( pardonnez, si je ivpë te ce qu'on dit ) et d'un mauvais auteur !
FRELON t
Monsieur Fabrice , monsieur Fabrice , arrêtez , s'il vous plaît : on peut attaquer tues, mœurs; mais pour ma réputation d'autour, je ne le souffrirai jamais.
FABRICE
Laissez-là vos écrits ; savez-vous bien , puisqu il faut tout Vous dire , que vous êtes soupçonné devoir voulu perdre mademoiselle Lindane ?
FREEPORT.
Si je le croyais , je le noierais de mes mains , quoique je ne sois pas méchant.
On prétend que c'est Vous qui l'ave» accusée d'être Écossaise , et qui avez aussi accusé ce brave gentilhomme de là»haut d'être Ecossais.
FRELON
Eh bien , quel mal y a-t-il à être de son pays?
FABRICE
On prétend que vous ave* eu plusieurs conférences avec les gens de cette dame 'si: colère qui est venue ici , et avec ceux de ce milord qui n'y vient plus, que vous redites tout , que vous envenimes tout.
ï'RÈEFOkTlFreloh.
Seriez-vous un fripon en effet? je ne les aime pas , au moins.
FABRICE
Ah ! Dieu merci , je crois que j'aperçois enfin notre milord.
, FREEPORT.
Un milord ! adieu. Je n'aime pas plus les grands seigneurs que le* mauvais écrivains.
FABRICE
Celui-ci n'est pas un grand seigneur comme un autre. s
FREEPORT.
Ou comme un autre, ou différent è f un autre , n'importe. Je ne me gêne jamais , et je sors. Mon ami , je ne sais ; il me revient toujours dans la tête une idée de notre jeune Écossaise $ je reviendrai incessamment, oui , je reviendrai , je veux lui parler sérieusement;
7 3a THÉÂTRE.
serviteur. Cette Écossaise est belle et honnête. Adieu, (en revenant.)
Dites-lui de ma part que* je pense beaucoup de bien d'elle. .