‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 131 sur 466 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LINDANE» FREEPORT, FABRICE.

FABftïCE.

Cela perce le coeur, mademoiselle; Polly fait votre paquet; vous nous quittez.

L'ÉCOSSAÏSE. ? 3g

LINDANE

Mon cher hôte , et vous, monsieur, à qui je dois tant , vous qui Avez déployé un caractère si généreux , vous qui ne me laissez que la douleur de ne pouvoir reconnaître vos bienfaits, je ne vous oublierai de ma vie. '

FBEEPORT.

Qu'est-ce donc que tout cela ? qu'est-ce que c'est que ça? qu'est-ce que ça ? bi vous êtes contente de nous , il ne faut point vous eu aller ; est-ce que vous craignez quelque chose ? vous avez tort j une fiile n'a rien à craindre.

FABRICE

Monsieur Freeport, ce vieux gentilhomme qui est de son pays, fait aussi son paquet. Mademoiselle pleurait , et ce monsieur pleurait aussi , et ils partent ensemble ; je pleure aussi en vous parlant.

FBEEPORT.

Je n'ai pleuré de ma vie ; fi !' que cela est sot de pleurer ! les yeux n'ont point' été donnés à rhtWBnae pour cette besogne. Je suis affligé , je ne le cache pas; et, quoiqu'elle soit fière, comme je le lui ai dit , elle est si honnête , qu'on est fâché de la perdre. Je veux que vous m'écriviez , si vous vous en allez , mademoiselle. Je vous ferai toujours du bien.... Nous nous retrouverons peut-être un jour, que sait-on ? ne manquez pas de m'écrire..,. n y manquez pas.

LINDA.NB.

Je vous le jure avec la plus vive reconnaissance ; et si jamais la

fortune....

FREEPORT.

Ah ! mon ami Fabrice , cette personnel est très-bien née. Je

serais très-aise de recevoir de vos lettres. N'allez pas y mettre de

l'esprit , au moins.

r FABRICE.

Mademoiselle , pardonnez , mais je songe que vous ne pouvez partir , que vous êtes ici sous la caution de M. Frçeport , et qu'il perd cinq cents guinées si vous nous quittez.

LINDA.NE

ciel ! autre infortune ! antre humiliation ! Quoi ! il faudrait que je fusse enchaînée ici , et que milord... et mon père....

FREEPORT àFabrice.

Oh ! qu'à cela ne tienne , quoiqu'elle ait je ne sais quoi qui me touche, qu'elle parte si elle en a envie ; il ne fmut point gêuer les filles; je me soucie de cinq cents guinées comme de rien. ( bas à Fabrice. ) Fourre-lui encore les cinq cents autres guinées dans sa valise. Allez /mademoiselle, partez quand il vous plaira ; écrivezmoi ; revoyez-moi quand vous reviendrez.... car j'ai conçu pour vous beaucoup d'estime et d'affection*

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