‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 134 sur 466 · MONROSE, LINDANE · texte numérisé non relu

MONROSE, LINDANE

MONROSE

Allons , ma chère Bile , seul soutien , unique consolation de ma

déplorable vie ! partons.

LINDANE

Malheureux père d'une infortunée! je ne vous abandonnerai ja-~ mais. Cependant daignez souffrir que je reste encore.

MONROSE

Quoi ! après m'avoir si fort pressé vous-même de partir, après m'avoir offert de me suivre dans tes déserts où nous allons cacher nos disgrâces ! avez- vous changé de dessein ? avez-vous retrouvé et perdu en si peu de temps le sentiment de la nature ?

Je n'ai point changé , j'en suis incapable. ... je vous suivrai

mais , encore une fois , attendez quelque temps ; accordez cette grâce à celle qui vous doit des jours si remplis d'orages ; ne me refusez pas des instans précieux.

MONROSE

Ils sont précieux en effet , et vous les perdez ; songez-vous que *nous sommes à chaque moment en danger d'être découverts , que vous avez été arrêtée , qu'on me cherche , que vous pouvez voir demain votre père périr par le dernier supplice ?

LINDANE

Ces mots sont un coup de foudre pour moi ; je n'y résiste plus- J'ai honte d'avoir tardé.... cependant j'avais quelque espoir... n'importe, vous êtes mon père, je vous suis. Ah, malheureuse!

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