SCÈNE VI
Les précédées j le lord MURRAY ds^ns le fond , recevant un rouleau de
parchemin de la main de ses gens.
Lord MURRAY.'
Ah! je le tiens enfin ce gage de mon bonheur. Soyez béni , 6 ciel qui m'avez secondé!
FREEPORT.
Quoi! ver rai-je toujours ce maudit milord? Que cet homme me choque avec ses grâces !
M O M R O S E à sa fille , tandis que milord Murray parle à son domestique.
Quel est cet homme , ma fille ?
LINDANE
Mon père , c'est.... ô ciel , ayez pitié de nous !
FABRICE
Monsieur, c'est milord Murray, le plus galant homme de la cour, le plus généreux.
MONR05E.
Murray ! grand Dieu! mon fatal ennemi, qui vient encore insulter à tant de malheurs! (il tire son épée. ) Il aura le reste de ma vie, ou moi la sienne.
LINDANE
Que faites-vous , mon père? arrêtez.
Cruelle fille, c'est ainsi que vous me trahissez?
FABRICE se jetaut au-devant de Monrose.
Monsieur, point de violence dans ma maison, je vous en conjure,
vous me perdriez.
FREEPORT.
Pourquoi empêcher les gens de se battre quand ils en ont envie ?
les volontés sont libres , laissez-les faire.
Lord MURRAY, toujours au fond du théâtre , 4 A^onrose.
Vous êtes le père de cette respectable personne, n'est-il pas vrai?
LINDANE
Je me meurs.
MONROSE
Oui, puisque tu le sais , je ne le désavoue pas. Viens , fils cruel d'un père cruel , achève de te baigner dans mon sang.
FABRICE
Monsieur, encore une fois.... \
Lord MURRAY.
Ne l'arrêtfz pas , j'ai de quoi le désarmer. '
( il tire son épie. ) LIN D ANE entre les bras de Polly.
Cruel ! . . . vous oseriez ! . . .
Lord MURRAY.
Oui , j'ose.... Père de ht vertueuse Lindane, je suis le fils de votre ennemi : (il jette son épée. ) c'est ainsi que je me bats contre vous.
FREEPORT.
En voici bien d'une autre !
Lord MURRAY.
Percez mon cœur d'une main, mais, de l'autre, prenez cet écrit, lisez, et connaissez-moi.
( il lui donne un rouleau. ) MONROSE.
~ Que vois-je ? ma grâce ! le rétablissement de ma maison ! ô ciel! , et c'est à vous , c'est à vous, Murrav, que je dois tout ? Ah, mon bienfaiteur!... (il veut se jeter. à ses pieds. ) vous triomphez de moi plus que si j'étais tombé sous vos coups. d
LINDANE
Ah, que je suis heureuse ! mon amant est digne de moi.
Lord MURRAY.
Embrassez-moi, mon père.
MONROSE
Hélas ! et cpmment reconnaître taut de générosité?
Lord M TJ R R A Y , en montrant Lindane.
Voilà ma récompense.
MONROSE
Le père et la fille sont à vos genoux pour jamais.
FREEPORT k Fabrice.
Mon ami , je me doutais bien que cette demoiselle n'était pas faite pour moi ; mais , après tout ,,elle est tombée en bonnes mains , et cela me fait plaisir.
• VARIANTES de ÏÉcostaise.
a Edition de 1 768.