‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 136 sur 466 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les précédées j le lord MURRAY ds^ns le fond , recevant un rouleau de

parchemin de la main de ses gens.

Lord MURRAY.'

Ah! je le tiens enfin ce gage de mon bonheur. Soyez béni , 6 ciel qui m'avez secondé!

FREEPORT.

Quoi! ver rai-je toujours ce maudit milord? Que cet homme me choque avec ses grâces !

M O M R O S E à sa fille , tandis que milord Murray parle à son domestique.

Quel est cet homme , ma fille ?

LINDANE

Mon père , c'est.... ô ciel , ayez pitié de nous !

FABRICE

Monsieur, c'est milord Murray, le plus galant homme de la cour, le plus généreux.

MONR05E.

Murray ! grand Dieu! mon fatal ennemi, qui vient encore insulter à tant de malheurs! (il tire son épée. ) Il aura le reste de ma vie, ou moi la sienne.

LINDANE

Que faites-vous , mon père? arrêtez.

Cruelle fille, c'est ainsi que vous me trahissez?

FABRICE se jetaut au-devant de Monrose.

Monsieur, point de violence dans ma maison, je vous en conjure,

vous me perdriez.

FREEPORT.

Pourquoi empêcher les gens de se battre quand ils en ont envie ?

les volontés sont libres , laissez-les faire.

Lord MURRAY, toujours au fond du théâtre , 4 A^onrose.

Vous êtes le père de cette respectable personne, n'est-il pas vrai?

LINDANE

Je me meurs.

MONROSE

Oui, puisque tu le sais , je ne le désavoue pas. Viens , fils cruel d'un père cruel , achève de te baigner dans mon sang.

FABRICE

Monsieur, encore une fois.... \

Lord MURRAY.

Ne l'arrêtfz pas , j'ai de quoi le désarmer. '

( il tire son épie. ) LIN D ANE entre les bras de Polly.

Cruel ! . . . vous oseriez ! . . .

Lord MURRAY.

Oui , j'ose.... Père de ht vertueuse Lindane, je suis le fils de votre ennemi : (il jette son épée. ) c'est ainsi que je me bats contre vous.

FREEPORT.

En voici bien d'une autre !

Lord MURRAY.

Percez mon cœur d'une main, mais, de l'autre, prenez cet écrit, lisez, et connaissez-moi.

( il lui donne un rouleau. ) MONROSE.

~ Que vois-je ? ma grâce ! le rétablissement de ma maison ! ô ciel! , et c'est à vous , c'est à vous, Murrav, que je dois tout ? Ah, mon bienfaiteur!... (il veut se jeter. à ses pieds. ) vous triomphez de moi plus que si j'étais tombé sous vos coups. d

LINDANE

Ah, que je suis heureuse ! mon amant est digne de moi.

Lord MURRAY.

Embrassez-moi, mon père.

MONROSE

Hélas ! et cpmment reconnaître taut de générosité?

Lord M TJ R R A Y , en montrant Lindane.

Voilà ma récompense.

MONROSE

Le père et la fille sont à vos genoux pour jamais.

FREEPORT k Fabrice.

Mon ami , je me doutais bien que cette demoiselle n'était pas faite pour moi ; mais , après tout ,,elle est tombée en bonnes mains , et cela me fait plaisir.

• VARIANTES de ÏÉcostaise.

a Edition de 1 768.

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