SCÈNE Vf
M. AGNANT, M—. AGNANT, M. GARANT.
M*«. AGNANT.
Eh bien , monsieur Garant , enfin tout est conclu.
M. GARANT
Oui , ma chère voisine, et le' ciel Ta voulu.
M**. AGNANT.
Quel bonheur !
H M. GARANT
Il est vrai qu'on a, Sut sa conduite , Glosé bien fortement ; mais l'hymen par la suite Vous passe un beau vernis sur ces péché» mignon*.
■*•. AGNANT.
L'escapade, monsieur , que nous lui reprochons Ne peut se mettre au rang des fautes criminelle*. •
M, GARANT
La réputation revient d'ailleurs aux belles ^ Ainsi que les cheveux : et puis considérons Qu'elle a bien du crédit , des amis , des patrons ; Et qu'outre sa richesse à tous les deux commune , Elle pourra me faire une grande fortune.
M**. AGNANT.
Une fortune , à vous !
M. AGNANT.
Je sois tout interdit.
Ma fille, de grands biens? des patrons? ctu crédit? Quels discours !
*»•. AGNANT.
Il est frai qu'elle est assea gentille ; Mais du crédit !
M. GARANT
Qui parle ici de votre fille ?
M-«. AGNANT.
De qui donc parlez-vous ?
H. GARANT
De la belle Ninon Que j'épouse ce soir ici, dans sa maison :
Je vous prie à la noce , et vous devez en être.
M m# . AGNANT.
Comment ! vous épousez notre Ninon ?
M. AGNANT.
Mon mattre , Est-il bien vrai ?
M. GARANT
Très-vrai.
M. AGNANT.
J'en suis, parbleu, touché.
Vous ne pourriez jamais faire un meilleur marché.
M-«. AGNANT.
Et moi je vous disais que je donne Sophie A mon petit Gourville , et qu'elle s'est blottie Chez vous en votre absence , et qu'elle en va sortir Pour serrer ces doux nœuds que je viens d'assortir; Et qu'il nous faut donner, pour aider leur tendresse. Cent mille francs comptans que vous avez en caisse.
M. AGNANT.
Oui , tant qu'il vous plaira , mariez-vous ici; ^ Mais, parbleu, permettez qu'on se marie aussi.
M. GARANT
Rêvez-vous , mes voisins ? et ce petit délire Vous prend-il quelquefois ? Qui , diable , a pu vous dire Que Sophie est chez moi , que Gourville aujourd'hui Aura cent mille francs, qui sont tout prêts pour lui ?
M m «. AGNANT."
Je le tiens de sa bouche.
M. AGNANT.
Il nous l'a dit lui-même.
M. GARANT
De ce Jeune étourdi la folie est extrême ; Il séduit tour à tour les filles du Marais ; Il leur fait des sermens d'épouser leurs attraits ; Et , pour les mieux tromper , il fait accroire aux mëres Qu'il a cent mille francs placés dans mes affaires. Il n'en est pas un mot ; et je ne lui dois rien. Monsieur son frère et lui sont tous les deux sans bien , Et tous deux au logis cesseront de paraître Dès le premier moment que j'en serai le maître.
W. AGNANT.
Vous n'ayez pas à lui le moindre argent comptant ? ' '
Pas un denier.
M—. AGNANT.
Mon Dieu»! le méchant garnement !
M. AGNANT, en fcuyaut un coup. , , v
C'est dommage.
M"". AGNANT.
Ma fille, à mes bras enlevée, Apres dîner chez vous ne s'était pas sauvée ? M. GAfcAJNT.;
Il n'en est pas un mot
.' M tt «. AGNANT. ... '"•:/,/ " :,♦
Les deux frères, je voi, 4
D'accord pour m'outragei , .s'entendent: contre moi.
\ V *'/' M. ,AGNA,NT.j ... .,' : .' s -. :
Les fripons que voilà! *„'. r •' '. ' ' /;/ t
,./' M. GARANT
, v . , Toujquçs de ces deux frères J'ai craint , je l'avoûrai, les méchant caractères. f ,
- M me . AGNANT. . '*{'..'
Tous deux m'<mjt pris ma fille : ah ! j'en aurai raison ; Et je mettrai plutôt Je feu daw la maison.
• • M.:GAft9kKff 4 : ' - ' .
La maison m'appartient; gardez-vous*en, m* bonne. : . ; • M" e . AGNANT. '
Quoi donc l pour épouser , nous n'aurons plus personne l Allons , couron* bien vite après notre avocat \ Il vaudra mieux que rien.
M . AGNANT av«c le gésté cTuu homme itre.
Mtf femme, il est 4>ien plat*
' ,., ACTE' y. \ .