‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 232 sur 466 · SCÈNE Vf · texte numérisé non relu

SCÈNE Vf

M. AGNANT, M—. AGNANT, M. GARANT.

M*«. AGNANT.

Eh bien , monsieur Garant , enfin tout est conclu.

M. GARANT

Oui , ma chère voisine, et le' ciel Ta voulu.

M**. AGNANT.

Quel bonheur !

H M. GARANT

Il est vrai qu'on a, Sut sa conduite , Glosé bien fortement ; mais l'hymen par la suite Vous passe un beau vernis sur ces péché» mignon*.

■*•. AGNANT.

L'escapade, monsieur , que nous lui reprochons Ne peut se mettre au rang des fautes criminelle*. •

M, GARANT

La réputation revient d'ailleurs aux belles ^ Ainsi que les cheveux : et puis considérons Qu'elle a bien du crédit , des amis , des patrons ; Et qu'outre sa richesse à tous les deux commune , Elle pourra me faire une grande fortune.

M**. AGNANT.

Une fortune , à vous !

M. AGNANT.

Je sois tout interdit.

Ma fille, de grands biens? des patrons? ctu crédit? Quels discours !

*»•. AGNANT.

Il est frai qu'elle est assea gentille ; Mais du crédit !

M. GARANT

Qui parle ici de votre fille ?

M-«. AGNANT.

De qui donc parlez-vous ?

H. GARANT

De la belle Ninon Que j'épouse ce soir ici, dans sa maison :

Je vous prie à la noce , et vous devez en être.

M m# . AGNANT.

Comment ! vous épousez notre Ninon ?

M. AGNANT.

Mon mattre , Est-il bien vrai ?

M. GARANT

Très-vrai.

M. AGNANT.

J'en suis, parbleu, touché.

Vous ne pourriez jamais faire un meilleur marché.

M-«. AGNANT.

Et moi je vous disais que je donne Sophie A mon petit Gourville , et qu'elle s'est blottie Chez vous en votre absence , et qu'elle en va sortir Pour serrer ces doux nœuds que je viens d'assortir; Et qu'il nous faut donner, pour aider leur tendresse. Cent mille francs comptans que vous avez en caisse.

M. AGNANT.

Oui , tant qu'il vous plaira , mariez-vous ici; ^ Mais, parbleu, permettez qu'on se marie aussi.

M. GARANT

Rêvez-vous , mes voisins ? et ce petit délire Vous prend-il quelquefois ? Qui , diable , a pu vous dire Que Sophie est chez moi , que Gourville aujourd'hui Aura cent mille francs, qui sont tout prêts pour lui ?

M m «. AGNANT."

Je le tiens de sa bouche.

M. AGNANT.

Il nous l'a dit lui-même.

M. GARANT

De ce Jeune étourdi la folie est extrême ; Il séduit tour à tour les filles du Marais ; Il leur fait des sermens d'épouser leurs attraits ; Et , pour les mieux tromper , il fait accroire aux mëres Qu'il a cent mille francs placés dans mes affaires. Il n'en est pas un mot ; et je ne lui dois rien. Monsieur son frère et lui sont tous les deux sans bien , Et tous deux au logis cesseront de paraître Dès le premier moment que j'en serai le maître.

W. AGNANT.

Vous n'ayez pas à lui le moindre argent comptant ? ' '

Pas un denier.

M—. AGNANT.

Mon Dieu»! le méchant garnement !

M. AGNANT, en fcuyaut un coup. , , v

C'est dommage.

M"". AGNANT.

Ma fille, à mes bras enlevée, Apres dîner chez vous ne s'était pas sauvée ? M. GAfcAJNT.;

Il n'en est pas un mot

.' M tt «. AGNANT. ... '"•:/,/ " :,♦

Les deux frères, je voi, 4

D'accord pour m'outragei , .s'entendent: contre moi.

\ V *'/' M. ,AGNA,NT.j ... .,' : .' s -. :

Les fripons que voilà! *„'. r •' '. ' ' /;/ t

,./' M. GARANT

, v . , Toujquçs de ces deux frères J'ai craint , je l'avoûrai, les méchant caractères. f ,

- M me . AGNANT. . '*{'..'

Tous deux m'<mjt pris ma fille : ah ! j'en aurai raison ; Et je mettrai plutôt Je feu daw la maison.

• • M.:GAft9kKff 4 : ' - ' .

La maison m'appartient; gardez-vous*en, m* bonne. : . ; • M" e . AGNANT. '

Quoi donc l pour épouser , nous n'aurons plus personne l Allons , couron* bien vite après notre avocat \ Il vaudra mieux que rien.

M . AGNANT av«c le gésté cTuu homme itre.

Mtf femme, il est 4>ien plat*

' ,., ACTE' y. \ .

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