SCÈNE V
XANTIPPE, DRIXA.
DRIXA.
Eh bien , madame Xantippe, voilà comme vous éles mattresse chez vous ! Fi ! que cela est lâche de se laisser gouverner par son mari ! Ce maudit Socrate m'enlève donc ce beau garçon dont je voulais faire la fortune ? il me le*paiera, le traître.
XANTIPPE
Ma pauvre madame Drixa, ne vous fâchez pas contre mon mari ; je me suis assez fâchée contre lui; c'est un imbécile , je le sais bien ; mais dans la fond c'est bien le meilleur cœur du monde. Cela n'a point de malice; il fait toutes les sottises possibles sans y entendre finesse, et avec tant de probité que cela désarme. D'ailleurs , il est têtu comme une mule. J'ai passé ma vie à le tourmenter , je l'ai même battu quelquefois; non-seulement je n'ai pu le corriger , je n'ai même jamais pu le mettre en colère. Que voulez-vous que j'y fasse?
DRIXA.
Je me vengerai , vous dis- je : j'aperçois sous ces portiques son bon ami Anitus , et quelques-uns des nôtres ; laissez-moi faire.
XANTIPPE
Mon Dieu ! je crains que tous ces gens-là ne jouent quelque tour à mon mari. Allons vite l'avertir ; car , après tout, on ne peut s'empêcher de l'aimer.