‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 276 sur 466 · CHOEUR DES PHILISTINS · texte numérisé non relu

CHOEUR DES PHILISTINS

Quel mortel orgueilleux peut tenir ce langage? Contre un roi si puissant quel btàs peut sViever?

LE ROI

Si vous êtes un dieu , je vous dois mon hommage ; Si vous êtes un homme , osez-vous me braver ?

SAMSON

Je ne suis qu'un mortel j mais le Dieu de la terre , Qui commande aux rois, Qui souffle à son choix Et la mort et la guerre , Qui vous tient sous ses lois , Qui lance le tonnerre , Vous parle £âr ma voix.

LE ROI

Eh bien , quel est ce Dieu? quel est le témoignage Qu'il daigne m'annoncer par vous?

SAMSON

Vos soldats mourans sous mes coups , La crainte où je vous vois, mes exploits , mon courage. Au nom de ma patrie , au nom de l'Éternel , Respectez désormais les en fan s d'Israël, Et finissez leur esclavage. ,

LE ROI. Moi , qu'au sang philistin je fasse un tel outrage! Moi, mettre en liberté ces peuples odieux!

Votre Dieu serait-il plus puissant que mes dieux?

SAMSON

Vous allez l'éprouver ; voyez si la nature

Reconnaît ses commandemens.

Marbres, obéissez; que l'onde la plus pure Sorte de ces rochers , et retombe en torrens.

(on voit des fontaines jaillir dam renfoncement.)

SAMSON. 9 4

CHŒUR

Ciel! ô ciel! à sa voix on voit jaillir cettç onde Des marbres amollis !

Les élémens lui sont soumis *î Est-il le souverain du monde?

LE ROI

N'importe! quel qu'il soit, je ne puis m'avilir A recevoir des lois de qui doit me servir.

SAMSON

Eh bien , vous avez vu quelle étaiç sa puissance ,

Connaissez quelle est sa vengeance.

Descendez , feux des cieux , ravagez ces climats :

Que la foudre tombe en éclate; De ces fertiles champs détruisez l'espérance.

( tout le théâtre parait embrasé. )

Brûlez , moissons; séchez , guérets y Embrasez-vous , vastes forets.

(au roi.)

Connaissez quelle est sa vengeance. "

CHOEUR

Tout s'embrase ,«tout se détruit j Un Dieu terrible nous poursuit.

Brûlante flamme, affreux tonnerre,

Ciel ! 6 ciel ! sommes-nous Au jour où doit périr la terre?

LE ROJ.

Suspends , suspends cette rigueur , Ministre impérieux d'un Dieu plein de fureur!

Je commence à reconnaître Le pouvoir dangereux de ton superbe maître ; Mes dieux long-temps vainqueurs commencent à céder :

C'est à leur voix à me résoudre.

SAMSON

C'est à la sienne à commander.

Il nous avait punis , il m'arme de sa foudre : A tes dieux infernaux va porter ton effroi.

Pour la dernière fois peut-être tu contemples

Et ton trôrfe et leurs temples ;

Tremble pour eux et pour toi.

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