SCÈWE HI, SAMSON, DALILA
SAMSON
J'ai sauvé les Hébreux par l'effort de mon bras,
Et vous sauvez par vos appas
Votre peuple et votre roi même :
Cest pour vous mériter que' j'accorde la paix.
Le roi m'offre son diadème , Et je ne veux que vous pour prix de rues bienfeîts.
DALILA
Tout vous craint en ces lieux ; on s'empresse a vous plaire,
Vous régnez sur vos ennemis; Mais de tous les sujets que vous venez de faire ,
Mon cofiur vous est lie plus soumis.
SAMSON et DALILA ensemble.
N'écoutons plus le bruit des armes ; Myrte amoureux , croissez près des lauriers.
L'amour est le prix des guerriers, Et la gloire en a plus de. charmes.
SAMSON
i L'hymen doit nous unir par des noeuds éternels. Que tardez-vous encore ?
Venez ; qiArh pur amour vôufc amène aux' autels ' Du dieu des combats <^ue j'adore.
DALILA
Ah ! formons ces doux nœuds au temple de Vénus.
SAMSQN,
Non, son culte est impie,, et ma loi le condamne; . Non \ je ne puis entrer dans ce temple profane.
DALILA
Si vous m'aimez, il ne l'est plut* .
Arrêtez \ regardez cette aimable demeftre >
C'est le temple de l'univers ; Tops les mortels, à tout âge, k toute heure,
Y viennent demander des fers.
Arrêtez, regardez cette aimable demeure,
C'est le temple de l'univers.
SGÈNE IV.
SAMSON, DALILA, Chogu* de dîfférèns Peuples , d"e (Scerriers r
te PistaKinte. • " -
( Le temple de Vénitt pfcriU Jità ibxttè tk splenrfetff.) . i -' ; ■ AIR/- ' - ' : " -; "^ < :
Amorti, vokrpfépUréj' /
Ame de la nature 5 i " r ' ' 1 ' r
Maître des ététttfn», ' • \ I "> f - *
SAWSQN.. j£ 9
L'univers n'est formé, ne s'anime et i|e ^Uj;e fj - •- Que par tes regards bienfesans.
Tendre Vénus, tout l'univers t'implore, Tout n'est rien sans tes feux\ On craint les autres dieux , <}'est Vénus qu'on adoré : Ils régnent sur le monde , et ta règnes sur eut. GOEJUBîtEtlS.
Vénus , notre fier courage ,
Dans. le sang, dans ie'darçnage, ' T
Vainement s'endurcit,;
Ju n.9us dermes , T
Nous rendons les armes: # \ L'horreur à ta voix s'aô)qucit.
UNE-PRÊTR£SS,Ç.
Chantez , oiseaux , chantez j voire ramage tendre Est la voix- des plaisirs :
Chantez ; Vénus doit vous entendre ;
Poftèz-lui nos soupirs. *
Les filles de Flore S'empressent d'&tare/
Baro ce séjour > La fraîcheur brijla^te De la fleur naissance Se passe en un jour :
Mais une plus belle Naît auprès d'elle , Plaît à son tour, !
Sensible imagé Des plaisirs du bel âge, • •
Sensible image Du charmant amour.
&AMSQ».
Je n'y résiste plus île charme qui m'obsède Tyrannise mon cœur , enivre ,tous mes sens :
Possédez à jamais ce cœur qui vous possède , •
Et gouvernez tous mes moméns.
Venez. . . . Vous vous troublez. ....
ttAfcïtl.
-> ' Ciel ! que vftis»je lw dire ?
saMsok
D'oii vient que voire cœur .soupire?
DÂLILA.
Je crains de vous déplaire , et je dois vous parler.
SAMS^Ol*.
Ah ! devant vous c'est à moi de trembler.
Parlez , que voulez-vous ?
DALI Là.
Cet amour qui m'engag* Fait ma gloire et mon bonheur;
95o THÉÂTRE.
Mais il me faut un nouveau gage Qui m'assure de votre cœur.
samson. "
Prononcez; tout sera possible À ce cœur amoureux.
DALILA
Dites-moi par quel charme heureux Par quel pouvoir secret cette force invincible...* .
SAMSON
Que me demandez-vous ? C'est un secret terrible Entre le ciel et moi.
DALILÀ.
Ainsi vous doutez de ma foi ?
Vous doutez , et m'aimez !...
SAMSON. , '
# Mon cœur est trop sensible ;
Mais ne m'imposez point cette funeste loi.
DALILA
Un cœur sans confiance est un cœur sans tendresse.
SAMSON
N'abusez point de ma faiblesse.
DALILA
Cruel ! quel injuste refus !
Notre hymen en dépend , nos nœuds seraient rompus.
SAMSON
Que dites-vous?....
DALILA
Parlez, c'est l'amour qui vous prie.
SAMSON
Ah ! cessez d'écouter cette funeste envie.
DALILA
Cessez de m'accabler de refus outrageans.
SAMSON
£h bien ! vous le voulez ) L'amour me justifie : Mes chevaux , à mon Dieu consacrés dès long- temps, De ses bontés pour moi sont les sacrés garans ; Il voulut attacher ma force et mon courage A de si faibles ornemens :
Ils sont à lui j ma gloire est son ouvrage.
DALILA
Ces cheveux , dites-vous ?...
SAMSON
1 Qu'ai-je dit? malheureux !
Ma raison revient ; je frissonne De l'abîme ou j'entraine avec moi les Hébreux.
SAMSON! L 981