‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 326 sur 466 · PREMIÈRE VOIX. SECONDE VOIX · texte numérisé non relu

PREMIÈRE VOIX. SECONDE VOIX

- ' Donnez dé justes lois.' * Triomphez par les armes. , , ^PREMIÈRE VOIX.J ,

Épargnez tant* de sang, essuyez tant de larmes. .; ' SECONDE VOIX. ( >

Non , c'est à la victoire à nous donner lu paix* ' * \ '• '•' ENSEMBLE. .'..,',' ;

Dans tos mains gronde le tonnerre ' .. . j '*, ••

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Rassurez / la lerre *

'* ' J Frappez vos enriétriîs , répandez vos bienfaits. * ^ '*

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Charmant Hymen , dieu tendre > etc. •> M ' '"

(on danse. — Ballet général dès quatre quadrilles:-) • "- '*

GRAJKD CHOEUR.

Re'gnefc , race immortelle , fce^ndee* souverains, e Je. . . .

,oo8 THÉÂTRE.

LE

Fête donnée à Versailles, le 27 novembre 1745. Mis en musique par fUiiBi.tr.

PRÉFACE

Apbes une victoire signalée , après la prise de sept Tilles à la vue d'une armée ennemie , et la paix offerte par le vainqueur > Je spectacle le plus convenable qu'on pût donner au souverain et fc ta nation qui ont fait ces grandes actions , était UTemple de U Gloire. „ .

Il était temps d'essayer si le vrai courage* , la modération , la clémence qui suit la victoire , la félicité des peuples, étaient des sujets aussi susceptibles d'une musique touchante que de simples dialogues d'amour , tant de fois répétés sous des noms différens , et qui semblaient réduire à un seul genre la poésie lyrique.

Le célèbre Metastasio , dans la plupart des' fêtes qu'il composa pour la cour de l'empereur Charles vi , osa faire chanter des maximes de morale , et elles plurent; on a mis ici en action ce que ce génie singulier avait eu la hardiesse de présenter sans le secours de la action , et sans l'appareil du spectacle.

Ce n'est pas une imagination vaine et romanesque que le trône de la Gloire

dont 1 approbation est le prix le plus flatteur que puissent se proposer les princes - c'est cette estime des contemporains qui assure celle de la postérité ; c'est elle qui a mis les Titus au-dessus des Domiiien , Louis xn au-dessus de Louis xi , et qui a distingué Henri iv de jtani de rois.

On introduit ici troi& espèces d'hommes qui se présentent à la Gloire, toujours prête à recevoir ceux' qui le méritent , et à exclure ceux qui sont indignes d'elle.

Le second acte désigne, sous le nom'de.Bclus, les conquérans injustes et sanguinaires , dont le cœur est faux et farouche. .

Bélus, enivré de son pouvoir, méprisant ce qu'il a aimé, sacrifiant tout à une ambition cruelle ferait que des actions barbaresfet heureuses doivent lui ouvrir ce temple ; mais il en est chassé par les Muses -qu'il dédaigne , et par les dieux qu'il brave. * l

Bacchus, conquérant de l'Inde , abandonne à la mollesse et aux plaisirs,

Î parcourant la terre avec ses. bacchantes, est le sujet du troisième acte, dans 'ivresse de ses passions , à peine cherche-t-il la Gloire ; il la voit , il en est touché un moment ; mais les premiers honneurs de ce temple ne sont pas dus à un homme qui a été, injuste dans ses conquêtes , et effréné dans ses voluptés. Cette place est due au héros qui parait au quatrième acte ; on a choisi Trajan , parmi les empereurs romains qui ont fait la gloire de Rome et le bonheur du monde. Tous les historiens rendent témoignage que ce prince avait les vertus militaires et* sociales , et qu'il Ifs eouron irait par la justice : plus connu encore par ses bienfaits que par ses Victoire* , il était humain , accessible ; son cœur était tendre , et cette tendresse e'tait dans Lui «ne vertu ; elle répandait un charme inexprimable sur ces grandes qualités qui prennent souvent un caractère de dureté dans une âme qui n'est que juste.

Il savait éloigner de lui la calomnie; il cherchait le mérite modeste , pour l'employer et le récompenser, parce qu'il était modeste lui-même ; «-t il le démêlait , parce qu'il était éclairé : il déposait avec ses amis le faste de l'empire, lier avec ses seuls ennemis • et la clémence prenait la place de cette hauteur après la victoire. Jamais on ne fut plus grand et plus simple ; jamais prince

ne goûta comme lui , au milieu des soins d'une monarchie immense , les douceurs de la vie privée et les charmes de l'amitié. Son nom est encore cher à toute la terre j sa mémoire même fait encore des heureux; elle inspire une noble et tendre émulation aux cœurs qui sont nés dignes de 1 imiter.

Trajan , dans ce poème , ainsi que dans sa vie , ne court pas après la Gloire > il n'est occupé que de son devoir , et la Gloire voie au-devant de lui ; elle le couronne, eile le place dans sop temple; il en fait le temple du bonheur public. H ne rapporte rien à soi , il ne songe qu'à être bienfaiteur des hommes , et les éloges Je l'empire entier viennent le chercher , parce qu'il ne cherchait que le bien de l'empire.

Voilà le plan de cette fête ; il est au-dessus de l'exécution , et au-dessous du sujet ; mais , quelque faiblement qu'il soit traité, on se flatte dltr* venu dans un temps où ces seules idées doivent plaire.

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