‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 351 sur 466 · LES TROIS PARQUES · texte numérisé non relu

LES TROIS PARQUES

Notre gloire est de détruire; Notre pouvoir est de nuire :

Tel est l'arrêt du sort.

Le ciel donne la vie , et nous donnons la mort.

PROMÉTHÉE

Fuyez donc à jamais ce beau jour qui m'éclaire ; Vous êtes malfesans , vous n'êtes point mes dieux. Fuyez , destructeurs odieux De tout le bien que je veux faire j Dieux des malheurs , dieux des forfaits ,

Ennemis funèbres, Replongez-vous dans les ténèbres; Ennemis funèbres , Laissez le monde en paix.

NÉMÉSIS

Tremble , tremble pour toi-même.

Crains notre retour, Crains Pandore et l'Amour, Le moment suprême Vole sur tes pas.

Nous allons déchaîner les démons des combats; Nous ouvrirons les portes du trépas.

Tremble , tremble pour toi-même.

( Le* dieux des enfers disparaissent. On rtrreit la «ampsgne éclairée et riante. Les nymphes des bois et des campagnes sont de chaque côté du théâtre. )

PROMÉTHÉE

Ah ! trop cruels amis ! pourquoi déckaf niez-vous ,

Du fond de cette nuit obscure, Dans ces champs fortunés et sous un ciel si doux ,

Ces ennemis de la nature ?

Que l'éternel chaos élève entre eux et nous Une barrière impénétrable.

L'enfer implacable Doit-il animer

PANDORE. to35

Ce prodige aimable Que j'ai su former ?

Un Dieu favorfble

Le doit enflammer.

ENCÉLADE.

Puisque tu mets ainsi la grandeur de ton être A verser des bienfaits sur ce nouveau séjour, Tu méritais d'en être le seul maître.

Monte au ciel , dont tu tiens le jour :

Va ravir la céleste flamme :

Ose former une âme , Et sois créateur à ton tour.

PROMÉTHÉE

L'Amour est dans les deux i c'est là qu'il faut me rendre :

L'Amour y régne sur les dieux.

Je lancerai ses traits ; j'allumerai ses feux : C'est le dieu de mon cœur, et j'en dois tout attendre.

Je volé à son trône éternel :

Sur les ailes des vents l'Amour m'enlève au ciel.

(il s'envole. ) CHOEUR DES NYMPHÇS.

Volez , fendez les airs , et pénétrez l'enceinte

Des palais éternels; Ramenez les plaisirs du séjour de la crainte ; En répandant des biens méritez des autels.

Page 1