‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 366 sur 466 · ZÉLIDE, PANOPE · texte numérisé non relu

ZÉLIDE, PANOPE

ZELIDE.

Dieux bienfesans qu'en ce bois on adore , Protégez-moi toujours contre mes oppresseurs ! Les mages de Memphis me poursuivent encore ; Et de simples bergers sont mes seuls défenseurs. Cest ici que Tanis a repoussé la rage De nos implacables vainqueurs.

Je n'ai d'autres plaisirs dans mes cruels malheurs Que de parler de son courage.

PANOPE

Oubliez-vous Phanor ?

ZÉLIDE

A mon père attaché , Il a suivi mon sort j je connais sa vaillance.

TANIS ET ZÉLIDE. io5i

PANOPE

Ah ! que vous le voyez avec indifférence !

ZÉLIDE

Il a /ait son devoir ; mon cœur en est touché.

PANOPE

Des mages de Metnphis il brava la colère.

Depuis que ces tyrans ont cjétrôné les rois , Depuis qu'ils ont. versé le sang de votre père , Il s éleva contre eux , il défendit vos droits. *

Il a conduit vos pas ; il vous aime : il espère Vous mériter par ses exploits.

ZÉLIDE

Malgré tous ses efforts, errante, poursuivie,

Je périssais près de ces lieux :

Lui-même allait tomber sous un joug odieux.

Nous devons à Tanis la liberté , la vie.

Que Tanis est grand à mes yeux !

PANOPE

L'estime et la reconnaissance Sont le juste prix des bienfaits ; Mais de simples bergers pourront-ils à jamais Des tyrans de Memphis braver la violence ?

Votre trône est tombé j vous n'avez plus d'amis : Quelle est encor votre espérance ?

ZÉLIDE

Au seul bras de Tanis je dois ma délivrance.

J'espère tout du généreux Tanis.

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