ZÉLIDE, PANOPE
ZELIDE.
Dieux bienfesans qu'en ce bois on adore , Protégez-moi toujours contre mes oppresseurs ! Les mages de Memphis me poursuivent encore ; Et de simples bergers sont mes seuls défenseurs. Cest ici que Tanis a repoussé la rage De nos implacables vainqueurs.
Je n'ai d'autres plaisirs dans mes cruels malheurs Que de parler de son courage.
PANOPE
Oubliez-vous Phanor ?
ZÉLIDE
A mon père attaché , Il a suivi mon sort j je connais sa vaillance.
TANIS ET ZÉLIDE. io5i
PANOPE
Ah ! que vous le voyez avec indifférence !
ZÉLIDE
Il a /ait son devoir ; mon cœur en est touché.
PANOPE
Des mages de Metnphis il brava la colère.
Depuis que ces tyrans ont cjétrôné les rois , Depuis qu'ils ont. versé le sang de votre père , Il s éleva contre eux , il défendit vos droits. *
Il a conduit vos pas ; il vous aime : il espère Vous mériter par ses exploits.
ZÉLIDE
Malgré tous ses efforts, errante, poursuivie,
Je périssais près de ces lieux :
Lui-même allait tomber sous un joug odieux.
Nous devons à Tanis la liberté , la vie.
Que Tanis est grand à mes yeux !
PANOPE
L'estime et la reconnaissance Sont le juste prix des bienfaits ; Mais de simples bergers pourront-ils à jamais Des tyrans de Memphis braver la violence ?
Votre trône est tombé j vous n'avez plus d'amis : Quelle est encor votre espérance ?
ZÉLIDE
Au seul bras de Tanis je dois ma délivrance.
J'espère tout du généreux Tanis.