‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 370 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ZÉUDE, PHANOR.

PHANOR

No», je ne puis souffrir l'indigne déférence ' Dont vous l'honorez à mes yeux.

La seule égalité m'offense.

L'injurieuse préférence Est un affront trop odieux.

ZÉLIDE

H combat pour vous-même, est-ce à vous de vous plaindre ? Vous deviez plus d'égards aux exploits de Tanis. ' H faut ménager, il faut craindre Les grands cœurs qui nous ont servis.

PHANOR

Poursuivez, achevez, ingrate, *

Faites tomber sur moi notre commun malheur.

Elevez jusqu'à vous un barbare, un pasteur.

Oubliez....

ZÉLIDE

Osez-vous ?.. .

PHANOR

. Oui , je vois qu'il s'en flatte ;

Oui , vous encouragez sa téméraire ardeur.

Votre faiblesse éclate Dans vos yeux -et dans votre cœur.

ZÉLIDE

Pourquoi soupçonnez-vous que je puisse descendre

Jusqu'à souffrir qu'il vive sous ma loi?

Vos soupçons menaçans suffiraient pour m'apprend re Qu il n'est pas indigne de moi.

,o54 THÉÂTRE.

PHÀNOR.

O ciel ! qu'avec raison de ce fatal riv»ge

Je voulais partir aujourd'hui !

Pouvez-vous à ce point outrager mon courage ?

ZÉLIDE

Si l'égaler à vous c'est vous faire un outrage , Surpasse! son grand cœur en servant mieux que lui. CHOEUR DES PASTEURS derrière la «cène.

Aux armes ! aux armes !

Marchons , signalons-nous.

PHÀNOR.

Eh bien ! je vais périr pour vos perfides charmes ; Je vais chercher Ja mort et j'en chéris les coups.

Vous seule causez mes alarmes :

Je n'ai point d'ennemis plus funestes que vous.

Aux armes ! aux armes !

Marchons, signalons-nous.

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