‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 400 sur 466 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

IRÈNE, LA GOUVERNANTE

IRÈNE

Consolons-nous , ma bonne ; il faut avec adresse

Corriger, si Ton peut, la fortune traîtresse.

Vous savez du baron le bizarre destin ?

LA GOUVERNANTE

Point du tout.

IRENE

Le corsaire , échauffé par le vin , Dans les transports de joie où son cœur s'abandonne , Sans s'informer du rang ni du nom de personne , A, pour se réjouir, dans la cour du château, Assemblé les captifs: et, par un goût nouveau, Fait tirer aux trois dés les emplois qu'il leur donne. Un grave magistrat se trouve cuisinier ; Le baron pour son lot est reçu muletier.

Ce sont là , nous dit-on , les '{eux de la fortune : Cette bizarrerie en Turquie est commune.

LA GOUVERNANTE

Se peut-il qu'un baron , hélas ! soit réduit là ! Et quelle est votre place à la cour d' Abdala ?

IRÈNE

Je n'en ai point encor ; mais , si je dois en croire Certains regards hardis que du haut de sa gloire L'impudent en passant a fait tomber sur moi , f J'aurai bientôt, je pense,. un assez bel emploi; Et j'en ferai, ma bonne, un très-honnête usage.

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