LES DEUX PÈRES
DUO
Oh ! qu'il est doux, sur nos vieux ans , De renaître dans sa famille !
Mon fils.... ma fille Raniment mes jours languissans ; Mon hiver brille Des roses de leur printemps.
Les jeunes gens qui veulent rire
Traitent un vieillard De rêveur , de babillard :
Ils ont grand tort 5 Chacun aspire A notre sort ; Chacun demande à la nature De ne mourir qu'en cheveux blancs :
Et dès qu'on parvient à cent ans , On a place dans le Mercure.
PRESTINE- Il s'agit bien de fredonner !
Ah ! vous avez , je pense , assez d'autres affaires. Savez-vous à quel homme on a voulu donner Le soin de célébrer vos amoureux mystères ?
A Grégoire.
GLYGÈRE effrayée.
A Gre'goire !
DAPHNIS
Eh! qu'importe , grands dieux,!
Tout m'eçt bon, tout m'est précieux j Tout est égal ici quand mon bonheur approche. Si Glvcèrc est à moi , le reste est étranger : Qu'importe qui 6onne la cloche , Quand j'entends l'heure du berger?
Rien ne peut me déplaire et rien ne m'intéresse. Je ne vois point ces jeux , ce festin solennel, Ces prêtres de l'hymen , ce temple , cet autel; Je ne vois rien que la déesse.