‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 434 sur 466 · CICÉRON · texte numérisé non relu

CICÉRON

Casca , n as-tu rien vu de plus épouvantable?

CASCA

Un esclave , je crois qu'il est connu de vous , Â levé sa main gauche ; elle a flambé soudain , Comme si vingt flambeaux s'allumaient tous ensemble , Sans que sa main brûlât , sans qu'il sentît 1& feux : Bien plus ( depuis ce temps j'ai ce fer à la main) , Un lion a passé tout près du Capitole; Ses yeux étincelans se sont tournés sur moi ; H s'en va uèrcment sans me faire de mal.

Cent femmes en ces lieux, immobiles, tremblantes, Jurent qu'elles ont vu des hommes enflammés Parcourir, sans brûler, la ville épouvantée.

Le triste et sombre oiseau qui préside à la nuit A dans Rome, en plein jour, poussé ses cris funèbres. Croyez-moi , quand le ciel assemble ses prodiges , Gardons-nous d'en chercher d'inutiles raisons , Et de vouloir sonder les lois de la nature. Cest le ciel qui nous parle et qui nous avertit.

Page 1