SCÈNE VIII
BLANFORD, DORFISE, ADINE, BARTOLIN, DARWIN, M— ; BURLET, COLETTE, le chevalier MONDOR une serviette et une bouteille à la main , des flambeaux.
H m ». BURLET.
Ah ! ab ! quelles clameurs !
Dieu me pardonne ! on se bat.
Le chevalier MONDOR.
Gare, gare $ Voyons un peu d'où vient ce tintamarre ?
ADINE àBlanford.
Hélas ! monsieur , seriez-vous point blessé?
DORFISE tout étonnée.
Ah!
M*». BURLET.
Qu'est-ce donc? qu'est-ce qui s'est passé?
BLANFORD i Bartolinqu'U a désarmé.
Rien : c'est monsieur, homme à vertu parfaite, Bon trésorier , grand gardeur de cassette , Qui me prenait , sans me manquer en rien , Tout doucement ma maîtresse et mon bien. , Grâce aux vertus de cet enfant aimable , J'ai découvert ce complot détestable $ Il a remis ma cassette en mes mains.
( i Bartolin. )
Va , je te laisse à tes mauvais destina; Pour dire plus , je te laisse à madame.
LA PRUDE. 6i3
Mes chers amis , j'ai démasqué leur âme :
Et ce coquin....
BARTOLIN s'en allant.
Adieu.
Le chevalier MONDOR)
Mou rendez-vous, Que devient-il?
On se moquait de vous.
Le chevalier MONDOR à Bhnford.
De vous aussi , m'est avis ?
BLANFORD.
De moi-même.
J'en suis encor dans un dépit extrême.
Le chevalier MONDOR.
On te trompait comme un sot. .
BLANFORD. N
Que d'horreur !
O pruderie ! ô comble de noirceur !
Le chevalier MONDOR.
Eh ! laisse là toute la pruderie , Et femme, et tout 2 viens boire, je te prie.
Je traite ainsi tous les malheurs que j'ai.
Qui boit toujours n'est jamais affligé.
M me . BURLET.
Je suis fâchée , entre nous , que Dorfise Ait pu commettre une telle sottise.
Gela pourra d'abord faire jaser; Mais tout s'apaise , et tout doit s'apaiser.
DARMIN à Blanford.
Sortez enfin de votre inquiétude ,
Et pour jamais gardez-vous d'une prude.
Savez-vous bien , mon ami , quel enfant
Vous a rendu votre honneur , votre argent,
Vous a tiré du fond du précipice ,
Où vous plongeait votre aveugle caprice ? .
BLANFORD regardant Adine.
Hais....
DARMIN.
C'est ma nièce.
BLANFORD. •
O ciel! tn
DARMIN.
C'est cet objet Qu'en vain mon zèle à vos vœux proposait , Quand mon ami , trompé par l'infidèle , Méprisait tout , haïssait tout pour elle.
6i4 THÉÂTRE.
BLANFORD.
Quoi ! j'outrageais , par d'indignes refus , Tant de beautés, de grâces , de vertus!
ADINE
Yous n'en auriez jamais eu connaissance , Si ces hasards , mes bontés , ma constance , N'avaient levé lep voiles odieux Dont une ingrate avait couvert vos yeux.
t DARMIN.
Vous devez tout à son amour extrême , Votre fortune et votre raison même.
Répondez donc , que doit-elle espérer? Que voulez-vous , en un mot ?
BLANFORD en se jetant à ses genoux.
L'adorer.
Le cbeTaller lifONDOR.
Ce changement est doux autant qu'étrange.
Allons , l'enfant , nous gagnons tous au change.
NANINE
OU