‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 44 sur 466 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

BLANFORD, DORFISE, ADINE, BARTOLIN, DARWIN, M— ; BURLET, COLETTE, le chevalier MONDOR une serviette et une bouteille à la main , des flambeaux.

H m ». BURLET.

Ah ! ab ! quelles clameurs !

Dieu me pardonne ! on se bat.

Le chevalier MONDOR.

Gare, gare $ Voyons un peu d'où vient ce tintamarre ?

ADINE àBlanford.

Hélas ! monsieur , seriez-vous point blessé?

DORFISE tout étonnée.

Ah!

M*». BURLET.

Qu'est-ce donc? qu'est-ce qui s'est passé?

BLANFORD i Bartolinqu'U a désarmé.

Rien : c'est monsieur, homme à vertu parfaite, Bon trésorier , grand gardeur de cassette , Qui me prenait , sans me manquer en rien , Tout doucement ma maîtresse et mon bien. , Grâce aux vertus de cet enfant aimable , J'ai découvert ce complot détestable $ Il a remis ma cassette en mes mains.

( i Bartolin. )

Va , je te laisse à tes mauvais destina; Pour dire plus , je te laisse à madame.

LA PRUDE. 6i3

Mes chers amis , j'ai démasqué leur âme :

Et ce coquin....

BARTOLIN s'en allant.

Adieu.

Le chevalier MONDOR)

Mou rendez-vous, Que devient-il?

On se moquait de vous.

Le chevalier MONDOR à Bhnford.

De vous aussi , m'est avis ?

BLANFORD.

De moi-même.

J'en suis encor dans un dépit extrême.

Le chevalier MONDOR.

On te trompait comme un sot. .

BLANFORD. N

Que d'horreur !

O pruderie ! ô comble de noirceur !

Le chevalier MONDOR.

Eh ! laisse là toute la pruderie , Et femme, et tout 2 viens boire, je te prie.

Je traite ainsi tous les malheurs que j'ai.

Qui boit toujours n'est jamais affligé.

M me . BURLET.

Je suis fâchée , entre nous , que Dorfise Ait pu commettre une telle sottise.

Gela pourra d'abord faire jaser; Mais tout s'apaise , et tout doit s'apaiser.

DARMIN à Blanford.

Sortez enfin de votre inquiétude ,

Et pour jamais gardez-vous d'une prude.

Savez-vous bien , mon ami , quel enfant

Vous a rendu votre honneur , votre argent,

Vous a tiré du fond du précipice ,

Où vous plongeait votre aveugle caprice ? .

BLANFORD regardant Adine.

Hais....

DARMIN.

C'est ma nièce.

BLANFORD. •

O ciel! tn

DARMIN.

C'est cet objet Qu'en vain mon zèle à vos vœux proposait , Quand mon ami , trompé par l'infidèle , Méprisait tout , haïssait tout pour elle.

6i4 THÉÂTRE.

BLANFORD.

Quoi ! j'outrageais , par d'indignes refus , Tant de beautés, de grâces , de vertus!

ADINE

Yous n'en auriez jamais eu connaissance , Si ces hasards , mes bontés , ma constance , N'avaient levé lep voiles odieux Dont une ingrate avait couvert vos yeux.

t DARMIN.

Vous devez tout à son amour extrême , Votre fortune et votre raison même.

Répondez donc , que doit-elle espérer? Que voulez-vous , en un mot ?

BLANFORD en se jetant à ses genoux.

L'adorer.

Le cbeTaller lifONDOR.

Ce changement est doux autant qu'étrange.

Allons , l'enfant , nous gagnons tous au change.

NANINE

OU

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