‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 66 sur 466 · LE COMTE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA BARONNE

LA BARONNE

Ah ! je respire ; enfin nous l'emportons :

Vous devenez un homme raisonnable.

Ah çà, voyez s'il n'est pas véritable Qu'on tient toujours de son premier état, Et que les gens dans un certain éclat Ont un cœur noble , ainsi que leur personne ? Le sang fait tout, et la naissance donne Des sentimens à Nanine inconnus.

LE COMTE

Je n'en, crois rien ; mais soit , n'en parlons plus : Réparons tout ; le plus sage , en sa vie , A quelquefois ses accès de folie :

Chacun s'égare, et le moins imprudent Est celui-là qui plus tôt se repent.

LA BARONNE

Oui.

LE COMTE

Pour jamais cessez de parler d'elle.

LA BARONNE

Très-volontiers.

Doit s'oublier.

LE COMTE

Ce sujet de querelle

Mais , vous » de vos sermens Souvenez-vous.

LE COMTE

Fort bien. Je vous entends ; Je les tiendrai.

LA BARONNE

Ce n'est qu'un prompt hommage Qui peut ici réparer mon outrage.

Indignement notre hymen différé Est un affront, #

LE COMTE

11 sera réparé.

Madame ^ il faut....

LA BARONNE

Il ne faut qu'un notaire* LE COMTE.

Vous savez bien.... que j'attendais ma mère.

LA BARONNE

Elle est ici.

NANINE. 645

Page 1