SCÈNE II
M m# . DURU, LE MARQUIS, ÉRISE.
LE MARQUIS
Ah ! venez, belle Érise , Fléchissez votre mère et daignez la toucher ; Je ne la connais plus , c'est un cœur de rocher.
M m «. DURU.
Quel rocher ! vous voyez un homme ici , ma fille , Qui veut obstinément être de la famille.
Il est pressant ; je crains que l'ardeur de ce feu , , Le rendant importun , ne vous déplaise un peu.
Oh ! non ; ne craignez rien ; s ? il n'a pu vous déplaire , Croyez que contre lui je n'ai point de colère : J'aime à vous obéir. Comment ne pas vouloir Ce que vous commandez , ce qui fait mon Revoir, Ce qui de mon respect est la preuve si claire ? M me . DURU.
Je ne commande point.
érise.
Pardonnez-moi , ma mère ;
Vous l'avez commandé, mon cœur en est témoin.
LE MARQUIS
De me justifier elle-même prend soin.
Nous sommes deux icixontre vous. Ah ! madame, Soyez sensible aux feux d'une si pure flamme ; Vous l'avez allumée, et vous ne voudrez point Voir mourir sans s'unir ce que vous avez joint.
(àÉrise.)
Parlez donc , aidez-moi. Qu'avez- vous à sourire ?
ÉRISE.
Mais vous parlez si bien que je n'ai rien à dire; J'aurais peur d'être trop de votre sentiment ; Et j'en ai dit, me semble, assez honnêtement.
M" e . DURU.
Je vois, mes chers enfans , qu'il est fort nécessaire De conclure au plus tôt cette importante affaire. C'est pitié de vous voir ainsi sécher tous deux; Et mon bonheur dépend du succès de vos vœux.
Mais mon mari !
LE MARQUIS
Toujours son mari ! sa faiblesse De cet épouvantail s'inquiète sans cesse.
ÉRISE.
11 est mon père.