Tome II
DAMIS
Approuvant le goût qui nous conduit, Elle a dans notre bal danse toute la nuit.
M. GRIPON.
Ta mère est folle.
DAMIS
Non , elle est très-respectable, Magnifique avec goût , douce, tendre, adorable.
M; GRIPON.
Écoute; il faut ici te parler clairement.
Nous attendons ton père; il viendra promptement; Et déjà son commis arrive en diligence Pour régler sa recette ainsi que la dépense.
Il sera très-fâché du train qu'on fait ici; Et tu comprends fort bien que je le suis aussi. C'est dans un autre esprit que Phlipotte est nourrie; Elle a trente-sept ans , fille honnête « accomplie , Qui, seule avec mon fils, compose ma maison; L'été sans éventail , et l'hiver sans manchon , , Blanchit , repasse , coud , compte comme Barème , Et sait manquer de tout aussi-bien que moi-même. Prends exemple sur elle , afin de vivre heureux. Je reviendrai ce soir vous marier tous deux.
Tu parais bon enfant et ma fille est bien née : Mais , crois-moi , ta cervelle est un peu mal tournée; Il faut que la maison soit sur un autre pied. Dis-moi, ce grand flandrin qui. m'a tant ennuyé, Qui toujours de côté me fait la révérence , Vienfc-il ici souvent ?
DAMIS
Oh ! fort souvent.
M. GRIPON.
Je pense Que pour cause il est bon qu'il ne revienne plus.
DAMIS
Nous suivrons sur cela vos ordres, absolus.
M. GRIPON.
,C'est très-bien dit. Mon gendre a du bon , et j'espère Morigéner bientôt cette tête légère ; Mais surtout plus de bal : je ne prétends plus voir Changer la nuit en jour, et le matin en soir, DAMIS.
Ne craignez rien.
M. GRIPON.
Eh bien , où vas-tu ?
DAMIS
Satisfaire Le plus doux des devoirs et l'ardeur la plus chère.
M. GRIPON.
Il brûle pour Phlipotte.
1+k FEMME QUI A RAISON. C 7 5
DÀMIS. ,
Après avoir dansé , Pleio des traits amoureux dont mon cœur est blessé, Je vais, monsieur, je vais. .. me coucher.... Je me flatte Que ma passion , vive autant que délicate , Me fera peu dormir en ce fortuné jour, Et je serai long-temps éveillé par l'amour.
. (il l'eipbraMc. )