‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 112 · OR CS OR — OP EP NET · texte numérisé non relu

OR CS OR — OP EP NET

naître de supérieur à la police de leurs lois, déclaraient la taient monnaie, imaient enfin tous les istinguent les états d'ordre et d'union é un seul corps de magne, étaient enté se serait dissoute de la subordination é une apparence de pective, qui sauva Ja struction.

i subsistait encore, n’y avait plus dans 1e aucune force sufire public, ni même onnelle. Depuis l’a- Hapsbourg au trône Maximilien, prédéles-Quint, l'empire s auxquelles est exts du gouvernement leur activité, Parmi s dont le corps gerle causes inévitables ’élevaient sans cesse s des guerres partie la violence du resst point réprimé par oppression, les rat universels ; le comuspendue, toutes les ssemblèrent bientôt é par l'ennemi !. La quels on eut recours tranquillité fait voir ar cet état d’anarchie . On nomma des artations qui s'étaient érens. Les villes se : ligue dont l'objet s et les exactions de mèrent de leur côté intenir entre eux la ut divisée en diffédesquels il s'établit

note 21. Datt., De pace 28, n° 26, p. 35, n° {1.

une juridiction provinciale et particulière qui | dans l'ancienne Grèce, ou à celles des Provincestint lieu d'un tribunal public et commun . Mais Unies et des cantons suisses, dan Je peu de succès de tous ces moyens ne servit | modernes; mais si on l’ qu’à faire juger de la violence du mal dont le corps de l’état était attaqué. Maximilien parvint cependant à rétablir enfin l'ordre public dans l'empire en instituant la chambre impériale, tribunal composé de juges nommés en partie par l'empereur, en partie par les différens états, et autorisé à juger en dernier ressort tous les procès entre les membres du corps germanique. Quelques années après, Maximilien donna une nouvelle forme au conseil aulique, où se portaient toutes les causes féodales et celles qui appartiennent à la juridiction immédiate de l’empereur, et par-là il rendit quelque degré de vigueur à l'autorité de sa couronne.

Malgré les effets salutaires qui résultèrent de ces nouveaux établissemens, la constitution de l'empire, au commencement du période dont j'entreprends d'écrire l’histoire, était d’une espèce si particulière qu'elle ne ressemblait à aucune forme de gouvernement connu, ni chez les anciens nichez les modernes. C'était un corps complexe, formé par l'association de différens états, qui exerçaient, chacun dans son propre domaine, üne juridiction souveraine et iiidépendante. Tous les membres qui composaient |! ce grand corps avaient l'empereur pour chef. Yernement, l'empereur paraissait être revêtu C'était en son nom qu'on publiait tous les édits | du pouvoir souverain. Le Corps germanique et les règlemens qui concernaient des objets | avait donc dans son organis d'un intérêt commun, et il avait le pouvoir de principes de division qui affectaient chacun de les faire exécuter. Mais cette apparence de pou- | ses membres, en rendant imparfaite leur union voir monarchique était plus que contre-balancée intérieure, et en les empêchant de mettre dans par l'influence et l'autorité que les princes et | leurs Opérations politiques de la vigueur et de les états exerçaient dans tous les actes d'admi- | la réguiarité. Les effets de ce vice, inhérent à nistration, On ne pouvait sans l'approbation de | la constitution de l'empire, ont été si imporla diète de l'empire ni passer une loi qui s’é- | tans, qu’il serait impossible, en les ignorant, tendit sur tout le Corps germanique, ni prendre | de bien comprendre plusieurs événemens du une résolution qui affectât l'intérét général ; | règne de Charles-Quint , et de se former de | |

S les temps envisage sous un autre aspect, on y observe des particularités qui la distinguent. Le corps germanique n'était pas formé par l'union de membres absolument distincts et indépendans. Tous les princes et états, réunis dans cette association, étaient anciennement sujets de l'empereur et le reconnaissaient pour leur souverain. D'ailleurs ils tenaient originairement leurs terres comme fiefs iupériaux, et devaient en conséquence aux e’npereurs tous les services que des vassaux feudataires doivent à leur seigneur suzerain. Cette dépendance politique était, il est vrai, anéantie, et l'influence des relations féodales était très affaiblie; mais on avait conservé les formes et les institutions anciennes qui s'étaient introduites lorsque les empereurs &ouvernaient l'Allemagne avec une autorité aussi étendue que celle des autres souverains de l'Europe. I1 se trouvait ainsi, dans l'empire germanique, une opposition sensible entre l'esprit du gouvernement et les formes de l'administration. Suivant le premier, l'empereur n’était que le chef d’une asso- | ciation dont les membres l'avaient volontaire- | ment et librement élevé à cette dignité; mais si | l’on considérait les formes extérieures du gou- | |

ation même des

Chaque prince et état souverain avait droit d'as- | justes idées de la nature du gouvernement gersister à cette assemblée, d'y délibérer et d'y ! manique, Voter. Les décrets ou recès de la diète formaient | Les empereurs d'Allemagne, au commenceles lois de l'empire, et l'empereur était obligé | ment du seizième siècle, étaient distingués par les de les ratifier et de les faire exécuter, titres les plus pompeux, et par des marques exté- En considérant sous ce point de vue la cons- | rieures de dignité, qui semblaient annoncer une titution de l'empire, on ÿ voit une confédéra- autorité supérieure à celle des autres monarques, tion régulière, semblable à la ligue achéenne | Les plus grands princes de l'empire les accom- Pagnaient et les servaient en certaines OCca- Sions, avec le titre d'officiers de leur maison,

1 Datt, Passim Struv., Corp. hist. 1 p. 610, etc.

Ils jouissaient de prérogatives qu'aucun autre Souverain n'osait s’ärroger, et conservaient des prétentions sur tous les droits que leurs prédécesseurs avaient exercés dans les temps les plus reculés; mais en même temps, au lieu de posséder ces vastes domaines qui avaient anciennement appartenu aux empereurs d'Allemagne, et qui s’étendaient le long des deux rives du Rhin !, depuis Bâle jusqu’à Cologne, ils avaient été dépouillés de toute espèce de possession territoriale, et n'avaient pas une seule ville, un seul château, un seul arpent de terre, qu'ils possédassent comme chefs de l'empire. Leurs domaines étaient aliénés, les revenus attachés

en quelques occasions furent accordés avec beaucoup d'économie, et payés avec répu- &nance. Les princes et les états de l'empire

sent reconnaitre l'autorité imperiale, car chacun

une juridiction municipale presque absolue. Une forme de gouvernement si mal combinée avait produit des inconvéniens inévitables. Les empereurs, éblouis de l'éclat de leurs titres et des marques extérieures d'une grande autorité, devaient ètre aisément portés à se regarder comme les véritables souverains de l’Allemagne, et à S'uccuper sans cesse des moyens de recouvrer l'exercice des droits et des prérogatives que les formes de la constitution sem-

seurs Charlemagne et Othon avaient réellement joui. Les princes et les états qui ne pouvaient ignorer la nature et l'étendue de ces préten-

4 impériale et circonscrire sa puissance dans des COR bornes encore plus étroites. Les empereurs ap-

: pelèrent au secours de leurs prétentions les formes et les institutions anciennes, que les états de leur côté regardaient comme tombées en désuétude; et ceux-ci fondaient leurs droits sur une pratique récente et des priviléges modernes, que les empereurs traitaient d'usurpations,

Uette jalousie qu'inspirait l'autorité impé-

1 Pfeffel, Abrégé de l'Histoire d ‘Allemagne, p.241,

à leur dignité étaient presque réduits à rien; : et les subsides extraordinaires qu’ils obtinrent |

n'étaient sujets que de nom, quoiqu'ils parus- !

d'eux exerçait dans les limites de son territoire !

blaient leur accorder, et dont leurs prédéces- !

riale, et l'opposition qui subsistait entre elle et les droits des états, s'accrurent encore d'une raanière bien sensible lorsque les empereurs furent élus non par le corps entier de la noblesse d'Allemagne, mais par un petit nombre de princes distingués par leur dignité. Pendant très long-temps tous les membres du corps germanique s'étaient assemblés pour choisir leur chef, lorsque le trône impérial était vacant; mais au milieu des troubles et de l'anarchie où l'Europe fut en proie pendant plusieurs siècles, sept princes, possesseurs de vastes territoires, obtinrent un droit héréditaire aux grandes charges de l'état, et s'arrogèrent le privilége | exclusif d'élire l'empereur. Ce privilége leur fut confirmé par la bulle d'or, qui détermina la manière de l'exercer, et ils furent distingués par le. titre d'électeurs. La noblesse et les villes li- | bres se voyant dépouillées du privilége qu'elles avaient possédé long-temps , furent moins attachées à un prince dont l'élévation n'était plus leur ouvrage ; elles commencèrent même à craindre davantage les progrès de son autorité. La grande puissance et les priviléges importans dont jouissaient les électeurs les rendirent redoutables aux empereurs, dont ils se trouvaient presque les égaux dans l'exercice de plusieurs actes de juridiction. Ainsi l'introduction du col | lége électoral dans l'empire, et l'autorité qu'il acquit, loin d’affaiblir les principes de division inhérens à la constitution germanique, ne firent qu'y donner plus de vigueur et d'activité.

Ces semences de discorde étaient encore for-

en RON INIe RER ESS

| tifiées par les formes diverses et mème opposées, | établies dans le gouvernement civil des états 1: | différens qui composaient le Corps germanique. An] HE tions étaient continuellement sur leurs gardes : Il n'est pas aisé d'assurer une union entière et au pour observer tous les mouvemens de la cour |

parfaite entre des états i ndépendans, lors même

| que le caractère et les formes de leurs gouver-

nemens respectifs se trouvent semblables; mais dans l'empire germanique, qui était une confédération de princes, d'ecclésiastiques et de villes libres, il était impossible de former de ces différentes parties un tout bien uni, Les villes libres étaient de petites républiques où régnaieni les maximes et l’esprit de liberté, propres à cette forme de gouvernement, Les princes et les nobles, à qui appartenait la juridiction suprême, exerçaient dans leurs domaines une espèce de pouvoir monarchique, et les formes de l’admi-

bsistait entre elle et rent encore d'une que les empereurs »s entier de la noun petit nombre ir dignité. Pendant abres du corps gerpour choisir leur érial était vacant; et de l'anarchie où t plusieurs siècles , : vastes territoires, aire aux grandes èrent le privilége e privilége leur fut i détermina la maent distingués par se et les villes lià privilége qu'elles furent moins attavation n’était plus encèrent même à ès de son autorité.

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aient encore for- Lmême opposées, it civil des états Tps germanique.

union entière et dans, lors même de leurs gouversemblables; mais était une conféiques et de villes rmer de ces dif- . Les villes libres où régnaieni les propres à cette rinces et les noiction suprême, une espèce de rmes de l’admi-

nistration intérieure ressemblaient beaucoup à celles qu’on trouvait dans les grands royaumes gouvernés suivant le système féodal. Les intérèts, les principes, les vues qui animaient des états si diversement constitués, ne pouvaient être les mêm:s. L'amour de la liberté et les intérêts du commerce étant les principes dominans des villes, l'ambition du pouvoir et l’enthousiasme de la gloire militaire étant les passions dominantes des princes et des nobles, il était impossible que leurs délibérations respectives fussent dictées par le même esprit, et dirigées sur le mème plan.

On ne voyait pas plus d'union entre les membres ecclésiastiques et séculiers de l'empire , qu'entre les villes libres et la noblesse. On avait annexé des domaines considérables à plusieurs évêchés et abbayes d'Allemagne, et les ecclésiastiques en dignité possédaient, par un droit de Succession héréditaire, quelques-unes des première charges de l'empire. Les fils cadets des nobles du second ordre qui se destinaient à l'état ecclésiastique étaient ordinairement pourvus de ces charges importantes et distinguées ; et ce n’était pas sans beaucoup de peine que les princes et les nobles du premier ordre voyaient leurs inférieurs s'élever ainsi jusqu’à eux, et les effacer même par les distinctions de leurs places. L'éducation de ces ecclésiastiques , l’esprit de leur état et leurs liaisons avec la cour de Rome concouraient à leur donner un caractère & des intérêts différens de ceux des autres membres du corps germanique, avec qui ils devaient agir de concert, Ce fut une autre source de jalousie et de discorde qui mérite d'être observée lorsqu'on veut connaître la nature de la constitution germanique.

L'inégale distribution du Pouvoir et de la richesse parmi les différens états de l'empire donna naissance à un nouveau principe de dissension, qui se joignit à ceux que je viens de développer. Les électeurs et les nobles du premier rang étaient des princes puissans qui régnaient sur des pays vastes, riches et peuplés, où ils exerçaient une juridiction souveraine ; plusieurs des autres états jouissaient aussi des droits de la souveraineté, mais leurs domaines étaient peu considérables, et leur pouvoir réel n'avait aucune proportion avec celui des premiers, Il était impossible de composer , avec des

pas moins nécessaire pour l'instruction de mes

parties si dissemblables, une confédération vi- Soureuse et bien unie. Les plus faibles étaient jaloux , timides, incapables de faire valoir et de défendre leurs droits légitimes; les plus puissans étaient disposés à usurper et à opprimer. Les électeurs et les empereurs s’occupaient réciproquement à étendre leur propre autorité en empiétant sur les droits des membres les plus faibles du corps germanique; et ceux-ci, intimidés ou corrompus, abandonnaient lâchement leurs justes priviléges, ou plus lâchement encore secondaient les entreprises formées contre eux-mêmes (41).

Lorsqu'on fait attention à ces principes di-

vers de discorde et d'opposition qui se trouvaient dans la constitution politique de l'empire d'Allemagne, il est aisé de trouver la cause du défaut d'accord et d’uniformité qu’on remarque dans toutes ses résolutions et ses démarches. Cet esprit de lenteur, de défiance et d'irrésolution, qui caractérise toutes ses délibérations, paraît naturel à un corps dont les différentes parties unies par des liens si faibles, se heurtent sans cesse avec tant de violenre. Cependant l'empire germanique embrassait des Pays d’une‘ si grande étendue, et habités Par des peuples si guerriers et si robustes, que rien ne pouvait résister au choc de cette masse énorme , lorsque les talens d'un empereur ou lezèle pour la cause Commune la mettaient en mouvement et lui fai. saient déployer toutes ses forces. On verra dans l'histoire suivante , que si les projets dont Charles-Quint poursuivit l'exécution avec le plus de chaleur furent souvent traversés, et quelquefois mème échoutrent entièrement par l'esprit de jalousie et de division inhérent à la constitution germanique, ce fut aussi en acquérant de l'autorité sur les princes de l'empire, et en les engageant à joindre leurs forces aux siennes, qu’il se mit en état d'exécuter quelquesunes des plus grandes entreprises qui ont distingué son règne,

L'histoire de l'empire Ottoman eut pendant le règne de Chaïles-Quint tant de liaison avec celle des grandes nations de l'Europe; la Porte se mêla si souvent et avec une influence si dominante dans les guerres et les négociations des princes chrétiens, qu'une connaissance préliminaire de l’état politique de ce vaste empire n’est

lecteurs, que celle des autres gouvernemens dont j'ai parlé.

Le destin des parties les plus méridionales et les plus fertiles de l'Asie a été d'être conquises Plusieurs fois par les peuples braves et robustes qui habitaient cette vaste contrée , nommée Scythie par les anciens, et Tartarie par les modernes. Une tribu particulière de ces peuples, distinguée par le nom de Turcs ou Turcomans, et conduite successivement par différens chefs, élendit ses conquêtes depuis les bords de la mer Caspienne jusqu’au détroit des Dardanelles. Vers le milieu du quinzième siècle, ces redoutables conquérans prirent Constantinople d'assaut ,et yétablirent le siège de leur gouvernement. Ils soumirent à leur domination la Grèce, la Moldavie, la Valachie et les autres provinces des anciens royaumes de Thrace et de Macédoine, ainsi qu'une partie de la Hongrie.

Quoique le siége de l'empire turc fût établi en Europe, et que les sultans fussent possesseurs de vastes territoires dans cette partie du monde, l'esprit de leur gouvernement était entièrement asiatique ; on peut lui donner le nom de despotisme , pour le distinguer des formes de gouvernement monarchiques et républicaines , que nous avons examinées plus haut. La puissance suprème résidait dans la personne des sultans de la race ottomane, dont le Sang était sacré aux yeux des Turcs, et leur paraissait seul digne du trône, Ces princes voyaient leurs sujets également abaissés devant eux. Les maximes de la police turque n’admettaient aucunc de ces institutions qui, dans les autres états, limitent l'exercice ou tempèrent la rigueur du pouvoir monarchique; on n'y voyait ni ces tribunaux qui exercent une juridiction légale et permanente et jouissent du droit de participer à la promulgation et à l'exécution des lois ; ni un corps de noblesse héréditaire, qui, jaloux de ses privilèges et de sa dignité, circonscrit l'autorité du prince, et non-seulement sert de barrière contre les excès de sa volonté arbitraire, mais encore forme un ordre intermédiaire entre lui et le peuple. Sous le gouvernement turc, la condition civile de Chaque sujet est égale; la seule distinction est d'être employé au service du sultan, et cette distinction même est si intimement unie à l'emploi qu'un homme exerce, qu'elle s'étend à peine sur sa personne. La plus

haute dignité de l'empire ne donne ni rang ni | prééminence à la famille de celui qui ep est re- . vêtu. Chaque individu, avant que de parvenir 4 une grande place, doit passer par un long novi- | ciat d’obéissance servile ! ; et au moment où il | est destitué de son autorité, lui et les siens retombent dans leur première obscurité, et rentrent dans la condition commune à tous les autres sujets. Tel est le caractère odieux et distinctif du despotisme oriental, qu'afin d'élever le prince, il anéantit toutes les autres classes d'hommes ; qu'il ôte tout à ceux-ci pour donner tout au despote ; qu'enfin il tend à effacer de l'esprit des peuples toute autre idée de relation entre les hommes que celle d’un maître avec des esclaves; le premier, destiné à commander et à punir, ceux-ci, nés pour trembler et pour obéir (42).

Mais comme il y a des circonstances qui suspendent souvent ou détruisent les effets salutaires des meilleurs &ouvernemens, il s’en ren- Contre aussi qui préviennent ou tempèrent les effets funestes des formes de gouvernement les plus vicieuses. Quoique sous le despotisme la constitution n'ait établi aucune barrière contre la volonté du prince, des circonstances accidentelles ÿ mettent souvent un frein. Quelque absolu que soit un sultan, il sent qu'il est contenu par la religion, d'où dérive le principe même de son autorité, et par l'armée, qui est l'instrument dont il se sert pour maintenir son pouvoir, Dans tous les cas où la religion parle, le souverain doit se soumettre à ses décrets. Si le Koran a fixé une cérémonie religieuse, prescrit un devoir moral, ou confirmé par Sa sanction une maxime politique, le sultan est obligé de s'y conformer ; ses ordres ne peuvent détruire ce qui est établi par une autorité supérieure. Mais c’est la puissance militaire qui met le frein le plus puissant aux volontés des sultans. Tout despote a besoin, Pour soutenir son autorité et faire exécuter ses commandemens, d'une force armée qui sans cesse environne son trône.

Comme les Turcs ont étendu leur domination sur des peuples qu'ils ont mieux aimé soumettre que d’exterminer, ils ont senti la nécessité de rendre nombreux et formidable leur état militaire. Amurat , leur troisième sultan, ayant voulu

! État de l'empire Turc, par Ricaut, p. 25,

tirent eux à le m sonne moins corps.

forma qu'un art du politiq jrent d ‘cheme talens verner ciles, q rendaie faibles

1 Aist { Cantimir

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e leur état milian, ayant voulu

it, p. 25,

ment à sa personne

ordonna à ses officier.

ans la cinquième parti guerre, comme un bien app Ces prisonniers furent instr mahométane. Accoutumés l'obéissance par une discipli à tous les exercices militair un Corps à qui l'on donna le nom de Janissaires Tous les sentimens que er, toutes les marques de accorder la faveur du moyens dont on seservit pe de l'enthousiasme mia gloire et du sentiment mées ottomanes du-

rce et leurs succès aux Ja-

nissaires qui, par leur nombre et par leur

réputation, effacérent tous les corps destinés à

OU nouveaux soldats.

le fanatisme peut inspir distinction que peut

prince, furent autant de Pour animer cette trou litaire, de l'amour de 1 de sa supériorité 1, Les ar

rent bientôt leur fo

e des)

accompagner la personne du sultan (43).

Comme dans toute société prême appartient réellement dans leurs mains la force d troupe formidable, qui ne fut d’abord que l'instrument dont se servaient les fermir et étendre leur autorité même les moyens d'en imposer Les janissaires à Constantinople, c des prétoriennes dans l'ancienn tirent bientôt tout l'avanta

! Æistoire de l'empire Ottoman Cantimir, p. 87.

e maîtres de la perans ne sentirent pas

ortant de ménager ce es soldats de Ja Porte, ance dans l'empire ; Là redouter, Le grand € principal objet de la

» Par le prince

former un corps de troupes attaché immédiatepour lui servir de garde, s de se-faire livrer tous les eunes gens pris à la artenant à l'empire.

uits dans la religion de bonne heure à ne sévère, et formés es, on en fit ensuite

la puissance suà ceux qui ont es armes, cette

sultans pour af- > acquit par-là à ses maîtres.

omme les gare Rome, senge qu'il y avait pour ale , à être unis sous

nissaires insolens et séditieux prendre le ton de maitres, Ôter et donner à leur gré la couronne, et faire trembler ces despotes terribles, qui, en d’autres temps, disposaient d'un mot ou d'un regard de la vie de leurs sujets.

Depuis Mahomet {1 > Qui prit Constantinople, jusqu’à Soliman, qui commença son règne quelques mois après que Charles-Quint eut été appelé au trône impérial, on vit l'empire ture gouverné successivement par des princes habiles et illustres, qui surent, par leurs grands talens, assujettir à leur autorité leurs sujets de toutes les classes, et disposer avec un Pouvoir absolu de toutes les forces de leurs vastes états. Soliman en particulier, qui n’est connu chez les chrétiens que comme un Conquérant, mais qui est célébré par les historiens tures comme un grand législateur qui a établi l'ordre et la police dans son empire, gouverna pendant le cours d’un long règne avec beaucoup de sagesse, mais avec une autorité sans limites. 11 divisa ses états en différens districts, qui furent obligés de fournir un certain nombre de soldats , Selon la proportion qu'il fixa lui-même; il assigna une certaine portion des terres de chaque province , dont le revenu fut appliqué à l’entretien de ces troupes ; et il régla avec le plus grand détail tout ce qui concernait leur discipline, leurs armes, la nature de leur service, Il établit un système régulier d'administration pour les finances de l'empire; et quoique les impôts, sous le gouvernement {urc , ainsi que

dans toutes les monarchies despotiques de l'Orient , fussent très modiques, il y suppléa par une économie sévère et attentive,

Ce ne fut pas seulement sous des princes tels que Scliman , dont les talens étaient également propres à perfectionner l'administration intérieure et à diriger des opérations militaires, que les Turcs soutinrent avec avantage les guerres dans lesquelles ils se trouvèrent engagés avec les puissances chrétiennes, Cette longue succession de princes habiles, dont je viens de parler, avait donné tant de vigueur et de supériorité au gouvernement turc, qu'il semble être Pe:venu, pendant le seizième siècle, au plus haut degré de perfection dont Sa constitution soit susceptible ; au lieu que les grandes monarchies de la chrétienté étaient alors encore bien loin

de cet état de puissance où elles pouvaient dé.

ployer toutes leurs forces. D'ailleurs, les troupes ottomanes jouissaient, dans ce même siècle, de tous les avantages que peut donner la supériorité de la discipline militaire. Lorsque Soliman monta sur le trône, il y avait près d’un siècle et demi que les janissaires avaient été incorporés, et pendant ce long période de temps la sévérité de la discipline ne s'était point relàchée parmi eux. Les soldats qu'on tirait des provinces de l'empire furent continuellement sous les armes, et occupés dans les guerres successives que les sultans eurent à soutenir, presque sans aucun intervalle de paix. Des troupes ainsi exercées et accoutumées à la guerre combattaient avec de grands avantages contre les ar-

mées chrétiennes. Ceux des auteurs du seizième siècle en qui l'on reconnaît le plus de lumières et d'impartialite , reconnaissent et déplorent la grande supériorité des Turcs dans l'art miktaire (44) ; et les succès qui couronnèrent constamment leurs armes dans toutes leurs guerres, attestent la vérité de cette observation. Les armées chrétiennes n'ont obtenu sur les Turcs la supériorité qu’elles ont aujourd'hui, qu'après que le tardif établissement des troupes réglées eut introduit et perfectioriné parmi elles la discipline militaire , et lorsque différentes causes et plusieurs événemens, qu'il n'est pas de mon objet de développer ici, eurent corrompu et aboli les anciennes institutions guerrières des Turcs.

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