‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 32 sur 325 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

privés de votre compagnie, — qui, je le déclare, a complètement trompé — l'ennui et la longueur de ce voyage. — Mais le leur est adouci par l'espérance d'avoir — le bonheur que je possède à présent ; — et l'espoir de la joie prochaine est une joie presque égale — à la joie de l'espoir accompli. Pour les lords fatigués, cet espoir-là — abrégera la route, comme l'a abrégée pour moi — le charme visible de votre noble compagnie.

BOLINGBROKE

— Ma compagnie a beaucoup moins de valeur — que vos bonnes paroles... Mais qui vient ici?

Entre Harry Percy.

NORTHUMBERLAND

— C'est mon fils, le jeune Harry Percy, — envoyé je ne sais d'oti par mon frère Worcester... — Harry, comment va votre oncle ?

PERCY

— Je croyais, milord, avoir par vous de ses nouvelles.

NORTHUMBERLAND

— Comment ! N'est-il pas avec la reine?

PERCY

— Non, mon bon seigneur; il a quitté la cour, — brisé son bâton d'office, et dispersé — la maison du roi,

NORTHUMBERLAND

Pour quelle raison? — Il n'était pas dans ces dispositions la dernière fois que nous nous sommes parlé.

PERCY

— Parce que votre seigneurie a été proclamée traître. — Lui, milord, il est allé à Ravenspurg — offrir ses services au duc de Hereford ; — et il m'a envoyé par Berkley, pour reconnaître — quelles forces le duc a levées là, — avec ordre de me rendre ensuite à Ravenspurg.

NORTHUIIBERLÂND.

— Avez- VOUS oublié le due de Hereford, mon enfant?

PERCy.

— Non, mon bon seigneur. Car je ne puis oublier — ce que je ne me suis jamais rappelé. Je ne sache pas — l'avoir jamais connu dans ma vie.

NORTHUMBERLÀND.

— Apprenez donc à le connaître désormais ; voici le duc.

PERCY, à Bolingbroke.

— Mon gracieux seigneur, je vous offre, — tels quels, les services d'un jouvenceau tendre et inculte, — que l'âge mûrira et élèvera, j'espère, — à la hauteur de plus éclatants services.

BOLINGBROKE

— Je te remercie, gentil Percy ; sois sûr — que je m'estime heureux surtout — d'avoir l'âme reconnaissante envers mes bons amis. — Ma fortune, en mûrissant avec ton affection, — ne cessera d'en récompenser la fidélité. — Mon cœur fait ce pacte, ma main le scelle ainsi.

Il serre la main de Percy.

NORTHIJMBERUND.

— Quelle distance y a-t-il d'ici à Berkley? Et quel effectif — a là ce bon vieux York avec ses hommes de guerre ?

PERCY

— Là -bas près de cette touffe d'arbres est le château, — défendu par trois cents hommes, à ce que j'ai ouï dire. — Au dedans sont les lords York, Berkley et Seymour ; — pas d'autres personnages de renom et de qualité.

Entrent Ross et Willougby.

NORTHUMBERLAND

— Voici venir les lords Ross et Willougby, — l'éperon ensanglanté, la face rougie par la hâte.

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