SCÈNE VII
privés de votre compagnie, — qui, je le déclare, a complètement trompé — l'ennui et la longueur de ce voyage. — Mais le leur est adouci par l'espérance d'avoir — le bonheur que je possède à présent ; — et l'espoir de la joie prochaine est une joie presque égale — à la joie de l'espoir accompli. Pour les lords fatigués, cet espoir-là — abrégera la route, comme l'a abrégée pour moi — le charme visible de votre noble compagnie.
BOLINGBROKE
— Ma compagnie a beaucoup moins de valeur — que vos bonnes paroles... Mais qui vient ici?
Entre Harry Percy.
NORTHUMBERLAND
— C'est mon fils, le jeune Harry Percy, — envoyé je ne sais d'oti par mon frère Worcester... — Harry, comment va votre oncle ?
PERCY
— Je croyais, milord, avoir par vous de ses nouvelles.
NORTHUMBERLAND
— Comment ! N'est-il pas avec la reine?
PERCY
— Non, mon bon seigneur; il a quitté la cour, — brisé son bâton d'office, et dispersé — la maison du roi,
NORTHUMBERLAND
Pour quelle raison? — Il n'était pas dans ces dispositions la dernière fois que nous nous sommes parlé.
PERCY
— Parce que votre seigneurie a été proclamée traître. — Lui, milord, il est allé à Ravenspurg — offrir ses services au duc de Hereford ; — et il m'a envoyé par Berkley, pour reconnaître — quelles forces le duc a levées là, — avec ordre de me rendre ensuite à Ravenspurg.
NORTHUIIBERLÂND.
— Avez- VOUS oublié le due de Hereford, mon enfant?
PERCy.
— Non, mon bon seigneur. Car je ne puis oublier — ce que je ne me suis jamais rappelé. Je ne sache pas — l'avoir jamais connu dans ma vie.
NORTHUMBERLÀND.
— Apprenez donc à le connaître désormais ; voici le duc.
PERCY, à Bolingbroke.
— Mon gracieux seigneur, je vous offre, — tels quels, les services d'un jouvenceau tendre et inculte, — que l'âge mûrira et élèvera, j'espère, — à la hauteur de plus éclatants services.
BOLINGBROKE
— Je te remercie, gentil Percy ; sois sûr — que je m'estime heureux surtout — d'avoir l'âme reconnaissante envers mes bons amis. — Ma fortune, en mûrissant avec ton affection, — ne cessera d'en récompenser la fidélité. — Mon cœur fait ce pacte, ma main le scelle ainsi.
Il serre la main de Percy.
NORTHIJMBERUND.
— Quelle distance y a-t-il d'ici à Berkley? Et quel effectif — a là ce bon vieux York avec ses hommes de guerre ?
PERCY
— Là -bas près de cette touffe d'arbres est le château, — défendu par trois cents hommes, à ce que j'ai ouï dire. — Au dedans sont les lords York, Berkley et Seymour ; — pas d'autres personnages de renom et de qualité.
Entrent Ross et Willougby.
NORTHUMBERLAND
— Voici venir les lords Ross et Willougby, — l'éperon ensanglanté, la face rougie par la hâte.