SCÈNE XIIL
[Londres. Westminster Hall.]
Les lords spirituels sont à la droite du trône; les lords temporels à la gauche; les communes au bas. Entrent Bolingbroke, Aumerle,
SURREY, NORTHUiMBERLAND, PeIICY, FiTZWATER, un AUTRE LORD, l'ÈVÉQUE DE CARLISLE, L'ABBÉ DE WESTMINSTER, et les gens de la suite. Des officiers, escortanf, Bagot, ferment la marclie.
BOLINGBROKE
Faites avancer Bagot... - Maintenant, Bagot, exprime-
toi librement; —dis ce que tu sais de la mort du noble Glocester, — qui l'a tramée avec le roi, et qui a exécuté - l'œuvre sanglante de sa fin prématurée.
BAGOT
— Eh bien, confrontez-moi avec lord Aumerle.
BOLINGBROKE, à Aumerle.
— Cousin, avancez, et regardez cet homme.
BAGOT
— Milord Aumerle, je sais que votre langue hardie — dédaignerait de se démentir. — A cette époque funèbre où fut complotéela mort de Glocester, —je vous ai entendu dire : N'aije pas le bras long, — moi qui, de cette paisible cour d'Angleterre, puis atteindre — jusqu'à Calais la tête de mon oncle ? — Entre autres propos, à cette même époque, — je vous ai ouï dire — que vous refuseriez — l'offre de cent mille couronnes — plutôt que de consentir au retour de Bolingbroke en Angleterre ; et vous avez ajouté — que la mort de votre cousin serait une bénédiction pour ce pays.
AUMERLE
— Princes et nobles lords, — quelle réponse dois-je faire à cet homme vil? — Dois-je déshonorer mon illustre étoile — en me faisant son égal pour lui infliger un châtiment? — Ou je dois m'y résoudre ou je dois laisser souiller mon honneur — par l'accusation de ses lèvres calomnieuses... — Voici mon gage, sceau manuel de mort — qui te marque pour l'enfer ! Je dis que tu mens, — et je soutiendrai que ce que tu as dit est faux, —je le soutiendrai dans le sang de ton cœur, tout indigne qu'il est - de ternir la trempe de ma chevaleresque
épée!
Il jette son gant.
BOLINGBROKE
— Bagot, arrête, je te défends de le relever.
AUMERLE
— Je voudrais que ce fût le plus illustre de cette assemblée, — hormis un seul, qui m'eût ainsi provoqué.