N'* II
Notification à Sa Sainteté le pape Pie VÎI , à SaVOtte.
« Le soussigné, d'après les ordres émanés de son souverain, Sa Majesté impériale et royale Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération suisse, est chargé de notifier au pape Pie VU que défense lui est faite de communiquer avec aucune Eglise de l'empire, ni aucun sujet de l'empereur, sous peine de désobéissance de sa part et de la leur*
« Qu'il cesse d'être l'organe de l'Eglise celui quiprêche la rébellion et dont l'âme est toute de fiel : car, puisque rien ne peut le rendre sage^ il verra que Sa Majesté est assez puissante pour faire ce qu'ont fait ses prédécesseurs, et déposer un pape*
« Notification à Savone» le IZi janvier 1811.
(( Signé Chabrol. »
J'ai trouvé ce document parmi les papiers du Saint-Père^ transportés de Fontainebleau à Rome. Des personnes dignes de foi, qui se trouvaient auprès du pape, m'ont confirmé que ce fut le préfet Chabrol qui intima à Pie VII la défense de communiquer avec les fidèles. J'ai appris de ces mêmes personnes que, dans la nuit du 6 janvier, on fit une visite domiciliaire chez Mgr Doria et chez tous les serviteurs du pape ; que tous les papiers, sans distinction, tous les livres, écritoires et plumes furent enfermés dans des sacs et transportés à la police. L'honneur de cette noble opération est dû au préfet de police Muzio, assisté du préfet Chabrol, et de MM. le général Pouget, le colonel de gendarmerie Thovenau, et des officiers Ginacchio et Celli. Un employé de la préfecture, nommé Bompar, les accompagnait.
Le lendemain, tandis que le pape faisait sa promenade ordinaire dans le petit jardin de l'évêché, le colonel Thovenau et l'officier Ginacchio entrèrent dans ses appartements, ouvrirent son secrétaire ; en visitèrent les tiroirs, fouillèrent le lit, les poches même de ses habits, emportèrent tous les papiers, les plumes, l'écritoire et tous les livres, à l'exception toutefois du bréviaire.
Dans la nuit du 29 janvier (1811) les gendarmes enlevèrent Mgr Doria et les serviteurs du pape ; le premier fut transporté à Naples ; les autres furent conduits à Fenestrelle.
Lettre de convocation au prétendu concile.
Mgr l'Archevêque de
MGR l'Evêque DE
Les Eglises les plus illustres et les plus populeuses de l'empire sont vacantes. Une des parties contractantes du concordat l'a méconnu. La conduite que l'on a tenue en Allemagne depuis dix ans a presque détruit l'épiscopat dans cette partie de la chrétienté ; il n'y a aujourd'hui que huit évêques ; grand nombre de diocèses sont gouvernés par des vicaires apostoliques.
On a troublé les chapitres dans le droit qu'ils ont de pourvoir, pendant la vacance des sièges, à l'administration des diocèses, et l'on a ourdi des manœuvres ténébreuses, tendantes à exciter le désordre et la sédition parmi nos sujets ; les chapitres ont rejeté des brefs contraires à leurs droits et aux saints canons.