I. Nom d’un torrent de Savoie
NOTICE SUR LE COMTE
une ode manuscrite de lui, de 1817; c’est un regret de ne pouvoir atteindre au but sublime , et le sentiment exprimé de la lutte inégale avec le génie :
Et, glorieux encor d’un combat téméraire,
Je garde dans mes vers quelques traits de lumière Du Dieu qui m’a vaincu *.
Il a fait des épigrammes spirituelles. Quelques per-
sonnes ont copie de son épitaphe, qui rappelle un peu celle de La Fontaine *. Mais il suffira de donner ici sa jolie pièce du Papillon, qui, pour la grâce et l’émo-
I. Il écrivait en style moins lyrique à nn ami, eu se faisant tout petit, non sans malice : « Dans l’impossibilité où je suis de comprendre cette faculté (dn poète) et pour ne pas avouer cette supériorité dans les autres, je pense que les poètes ont quelque chose dans le poignet qui change la prose en vers à mesure qu’elle passe par là pour se rendre de la tète sur le papier; en sorte qu’un poète ne serait qu’une filière plus ou moins parfaite. J’étais si persuadé de ce système consolant pour les prosateurs, que j’essayai un jour d’écrire des vers avec la main gauche, dans l'espoir d'y trouver cet heureux mécanisme ; mais ma main gauche ne fut pas plus heureuse que la droite, et je fus convaincu à jamais que je ne suis pas une filière à vers. J’avoue même que ce mauvais succès me laissa quelques doutes sur la vérité de mon système. > — Si faux que soit le système, il ne s’appliquerait pas mal à plus d’un soi-disant poète, et tel auteur do grande épopée comme Parseval nous en pourrait dire quelque chose.
i. En voici les premiers vers :
Ci-glt sous cotte pierre grise ’ Xavien, qui de tout s’étonnâit,
Demandent d'où venait ta bise Et pourquoi Jupiter tounait.»
XAVIER DE MAISTRE. XXXIII
tion, ne dépare pas le souvenir de* ses autres écrits. Un prisonnier lui avait raconté qu'un papillon était un jour entré dans sa prison en Sibérie :