CHAPITRE XXXIV
La chute de ma chaise de poste a rendu le service au lecteur de raccourcir mon voyage d’une bonne douzaine de chapitres, parce qu’en me relevant je me trouvai vis-à-vis et tout près de mon bureau, et que je ne fus plus à temps de faire des réflexions sur le nombre d’estampes et de tableaux que j’avais encore à parcourir, et qui auraient pu allonger mes excursions sur la peinture.
En laissant donc sur la droite les portraits de Raphaël et de sa maîtresse, le chevalier d’Assas et la Berbère des Alpes, et longeant sur la gauche du côté de la fenêtre, on découvre mon bureau : c’est le premier objet et le plus apparent qui se présente aux regards du voyageur, en suivant la route que je viens d’indiquer.
Il est surmonté de quelques tablettes servant de bibliothèque ; — le tout est couronné par un buste qui termine la pyramide, et c’est l’objet qui contribue le plus à l’embellissement du pays.
En tirant le premier tiroir à droite, on trouve une ccritoire, du papier de toute espèce, des plumes toutes taillées, de la cire à cacheter. — Tout cela donnerait l’envie d’écrire à l’être le plus indolent. — Je suis sûr, ma chère Jenny, que si tu venais à ouvrir ce tiroir par hasard, tu répondrais à la lettre que je t’écrivis l’an passé. — Dans le tiroir correspondant gisent confusément entassés les matériaux